Monday, December 11, 2017
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Youri Latortue se prononce sur le salaire minimum et la remobilisation de l’armée

Ce lundi 31 juillet 2017, suite à la décision des autorités de fixer le salaire minimum à 335 gourdes et, en marge d’une rencontre entre le président Jovenel Moïse et une délégation de parlementaires américains conduite par Jeff Duncan, le président du Sénat haïtien, intervenant sur les ondes d’une station de radio de la capitale, a saisi l’opportunité pour préciser et clarifier sa position concernant ces deux dossiers brûlants de l’actualité nationale, la question de réajustement du salaire minimum et la remobilisation de l’armée d’Haïti.

Selon l’élu de l’Artibonite, la position du sénat sur le salaire minimum est claire : il faut un vrai dialogue entre le patronat et le salariat afin de trouver une solution qui soit favorable aux deux parties. Le sénateur de l’Artibonite croit qu’il faut un bon arbitrage favorisé par l’établissement d’un climat de confiance au sein du CSS.

« Composé des représentants des divers secteurs du patronat, des ouvriers et de l’État, le CSS doit avoir une position impartiale en jouant exclusivement un rôle d’arbitre », a fait savoir le sénateur Latortue, estimant que les différents rapports sur les activités du secteur de la sous-traitance devraient être disponibles afin de faciliter le travail du CSS et du Parlement dans l’arbitrage des conflits entre le patronat et les ouvriers.

Poursuivant ses commentaires, le sénateur de l’Artibonite a aussi fait remarquer qu’il y a des insatisfactions liées aux déficits d’informations, de temps, et de dialogues, aussi faut-il situer l’ajustement du salaire minimum dans une perspective qui prend en compte non seulement l’évolution du secteur, mais aussi les fluctuations du marché, l’augmentation des coûts de la vie, à court et à long terme.

Analysant les mécanismes de contrat dans le domaine de la sous-traitance, le Sénat, selon M. Latortue, avait suggéré d’accorder plus de temps aux discussions entre les différents protagonistes, avant de statuer sur la fixation d’un montant du salaire minimum qui, dit-il, doit être « juste et équilibré ».

Invité à opiner sur la question de remobilisation de l’Armée, monsieur Youri Latortue a rappelé plusieurs études, dont celle de Georges Michel sous la transition, celle des anciens officiers sous la présidence de René Préval, et le livre blanc de l’OEA sur la problématique de la reformation de l’armée.

« Il y a un manque d’information concernant le processus de formation de la nouvelle Armée qui ne devait pas se résumer au simple recrutement », a contesté l’ancien capitaine des FAD’H, ancien commissaire de la Police nationale d’Haïti pour qui la priorité devrait être accordée d’abord à la mise en place de l’état-major de l’armée.

Le ministre de la Défense, soutient le sénateur Latortue, ne peut pas avoir le commandement personnel de l’armée ni faire le recrutement des soldats. Il revient, selon les prescrits de la constitution haïtienne en vigueur, au président de désigner le commandant en chef de l’armée qui doit être ratifié par le Sénat.

Pour le sénateur Latortue, les règlements généraux, les lois du personnel ainsi que les lois de justice militaire ayant existé sous le gouvernement de Henri Namphy ne sont plus applicables à la situation d’aujourd’hui et doivent être réadaptés à la constitution. « Il faudrait plutôt une armée de petite taille, stratégique, défensive, et intégrée dans la population afin de compléter les forces de la PNH », a-t-il fait savoir, soulignant que le Sénat n’est pas impliqué dans le processus de recrutement lancé par le ministère de la Défense.

Soulignons que lors de la rencontre entre avec le président de la République d’Haïti, les parlementaires américains, avec à leur tête, l’envoyé spécial Jeff Duncan, ont réaffirmé la position des États-Unis d’Amérique sur la question. La remobilisation de l’armée, ont-ils fait savoir, est une initiative qui relève de la seule autorité de l’État haïtien.

Lenational

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