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Une situation financière alarmante

Presque tous les ministères et institutions autonomes du pays sont endettés. Lors d’une conférence de presse tenue le jeudi 4 mai à la Primature, le Premier ministre, Jack Guy Lafontant, en a fait le point. Le chef du gouvernement a dressé l’état des lieux de l’administration publique du pays tout en mettant l’accent sur certains ministères et institutions étatiques du pays qui sont dans l’incapacité de payer le personnel de service et de rembourser leurs dettes.

Le Premier ministre Jack Guy Lafontant a pointé du doigt l’administration Privert /Jean- Charles. Selon les déclarations du chef du gouvernement, ce sont les mauvaises décisions prises au cours de la période de transition (14 février 2016-7 février 2017) ainsi que le passage de l’ouragan Matthew dans le grand Sud du pays qui ont mis ces institutions du pays dans cette situation de délicatesse. La situation socio-économique, le système de production du pays au plus bas niveau inquiètent énormément les acteurs nationaux et internationaux, selon les avis du locataire de la primature. Le pays a besoin plus de 2,72 milliards de dollars américains pour relancer les activités économiques dans les zones du grand Sud touchées par l’ouragan Matthew, alors que les pertes sont estimées à 36, 5 milliards de gourdes.

Les mauvaises décisions prises sur la période de transition, insigne le Premier ministre, ont occasionné une hausse de l’inflation qui est passée de 6 % à la fin de l’année 2015 à 14 % au début de l’année 2017. Concernant le trésor public, les recettes de l’État pour ces derniers six mois sont évaluées à 34, 8 milliards de gourdes qui représentent 28,5 % des prévisions de l’année 2016-2017, alors que 54 % de cette somme sont déjà dépensés dans l’achat des matériels, le paiement du personnel, subventions, etc., ce qui donne à l’État haïtien un déficit de plus de 6 milliards de gourdes. Cette situation est, selon le P.M, la conséquence directe de la réalité et du mode de fonctionnement des ministères et certaines institutions clé de l’administration publique.

Au niveau de tous les ministères et institutions autonomes de la République, indique Jack Guy Lafontant, les recettes de l’État sont souvent mal utilisées. Les données sont tellement alarmantes que de grands changements sont plus que nécessaires si on veut embarquer dans la voie du développement. Au niveau du ministère des Affaires étrangères et des Cultes (MAE), la situation est compliquée. Des personnes non qualifiées sont nommées dans les représentations diplomatiques du pays. La dette de ce ministère est élevée à 1, 4 milliards de gourdes, soit plus de 21 millions de dollars américains, et plus de 90 % de son budget de fonctionnement pour l’année 2016-2017 sont déjà dépensé.

Le Fonds d’Assistance économique et sociale (FAES) a besoin uniquement 50 personnes pour son fonctionnement, mais il y a 283 personnes au sein du personnel. Seulement 7 sur les 37 écoles que FAES devait reconstruire après le passage de l’ouragan Matthew ont été réellement reconstruites. La dette de l’institution est élevée à 300 millions de gourdes. 88, 65 % du budget du Ministère de la Culture sont déjà dépensés. Au niveau du ministère des Affaires sociales (MAST), les contractuels se chiffrent à 3308 personnes, « le tiers de la capacité du stade Sylvio Cator », a lâché ironiquement le chef du gouvernement. 67, 6 % de son budget sont déjà dépensés. Sa dette est élevée à 514 millions de gourdes, il a 50, 6 millions de gourdes comme arriérés de salaires. Quant au ministère du Tourisme, sa dette est élevée 74 milliards de gourdes alors qu’il a déjà dépensé 55 % de son budget.

La palme des complications revient au ministère l’Éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP). 2 691 enseignants avec lettre de nomination ne sont encore jamais rémunérés. 2 600 autres sont en train de travailler depuis des années et ne sont jamais nommés dans le système éducatif. La dette du ministère pour seulement les écoles du programme de scolarisation universelle gratuite et obligatoire (PSUGO) est élevée à 680 millions de gourdes, sans oublier les dettes accessoires de 5, 5 millions de gourdes.

La situation est plus qu’alarmante. Le Bureau de monétisation des programmes d’aide au développement (BMPAD) a une dette de 49 millions de dollars américains pour seulement le Venezuela. Il fonctionne avec 192 membres au niveau du personnel alors qu’il était à 83 avant le départ de l’ancien président Michel Joseph Martelly. Que ce soit pour le ministère des Travaux publics, Transports et Communication (MTPTC), le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), le ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP), le ministère de la Planification et de la Coopération externe (MPCE), le ministère de la Défense, le ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR), les services d’immigration et d’émigration, etc. les chiffres présentés par le Premier ministre sont inquiétants. Ils sont tous endettés, et ils fonctionnent tous avec un personnel au-dessus de la normale et souvent non qualifié.

Pour pallier cette situation, le Premier ministre Jack Guy Lafontant a promis de travailler de façon à récupérer l’ensemble des matériels de l’État qui sont entre les mains des particuliers. En ce sens, des instructions ont été passées au MJSP pour les suites nécessaires. L’Office de management des ressources humaines (OMRH) a également reçu des instructions pour assainir et contrôler l’entrée des individus au sein de l’administration publique. Accélérer la lutte contre la contrebande, combattre la corruption sont, entre autres, les mesures qui vont aider à résoudre le problème, selon le chef du gouvernement.

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