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Une commémoration en demi-teinte

Pas de visite ni de Te Deum à Marchand-Dessalines. Pas de message solennel non plus.Les 210 ans de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines ont été commémorés, le 17 octobre 2016, en demi-teinte.

Deux actions ont marqué la commémoration des 210 ans de l’assassinat de l’empereur Jean-Jacques Dessalines : une offrande florale au Pont-Rouge, lieu de l’assassinat du père de la patrie ; et une au Musée du panthéon national d’Haïti (Mupanah). Les officiels l’ont décidé ainsi.

Dans un message publié à la presse la veille, le président de la République, Jocelerme Privert, a rappelé qu’il y a « 210 ans, en effet, le Père fondateur de La Patrie était sacrifié par des mains impies sur l’autel de sa passion pour la liberté et l’égalité, et pour cette indépendance acquise sur les champs de bataille, au prix d’un héroïsme qui n’a pas son pareil dans toute l’Histoire universelle. La flamme de justice sociale qu’il voulait promener et implanter sur les vestiges des structures et des préjugés de l’époque coloniale s’est éteinte au Pont-Rouge, dans l’ignominie d’un parricide que nous n’avons peut-être pas fini d’expier ».

 « Parce que l’Histoire demeure un instrument d’identification et d’union nationale, nous nous recueillons pieusement en ce jour pour hono-rer la mémoire d’un révolutionnaire sans égal, la mémoire d’un martyr de la cause des masses haïtiennes éprises de liberté, d’égalité et de prospérité. L’homme portait en lui le rêve grandiose de voir la terre d’Haïti appartenir, sans exclusion, à tous ceux qui avaient risqué leur vie pour la libérer du joug de l’esclavage et du colonialisme. Pour lui, l’abolition du système d’exploitation impliquait inéluctablement la suppression des préjugés de couleur et des barrières économiques et sociales pouvant faire obstacle à la vie en communauté et à l’épanouissement de toutes les filles et de tous les fils de la jeune Nation », a-ton lu dans le message du président de la République.

Le chef de l’État croit que l’exemple de Jean-Jacques Dessalines « doit nous servir de leçon et galvaniser nos énergies pour affronter les dures réalités auxquelles nous faisons face actuellement ». « Notre pays vit actuellement les angoisses de moments extrêmement difficiles, suite au passage de l’ouragan Matthew qui a dévasté cinq des dix départements du pays et causé d’importantes et douloureuses pertes en vie humaine, en dégâts matériels et environnementaux. En ces instants d’épreuve et d’affliction, le souvenir et l’idéal du Père de la patrie doivent nous servir de catalyseur et de ferment pour la concrétisation de cette réconciliation nationale si nécessaire au relèvement de notre pays. Qu’ils sachent nous inspirer les comportements conformes à notre quête de concorde patriotique et à l’instauration des conditions psychologiques et morales, propices au sacrifice des intérêts égoïstes et engageant la nation entière dans la poursuite d’un projet commun de bienêtre collectif ! »

Lenational

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