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Une célébration profanée

La Bataille de Vertières, 18 novembre 1803, a été célébrée sans grand apparat cette année. Cette date a été profanée par les membres du Corps du génie militaire (CORGEM) à Gressier à l’occasion de la célébration du 213e anniversaire de cet ultime combat ayant conduit à l’indépendance d’Haïti.

La célébration ou commémoration des dates historiques perd de jour en jour sa valeur. Au plus haut sommet de l’État. Après le 17 octobre 1806, c’est au tour de la Bataille de Vertières, le 18 novembre 1803, d’être profanée. Le 213e anniversaire a été célébré cette année sans grand apparat, sous les auspices des membres du Corps du génie militaire (CORGEM). Durant leur parade, leurs ordres ont été exprimés en espagnol comme si l’on se trouvait dans un pays hispanique. Pas dans le Nord, en tout cas. Les activités se sont déroulées au centre de formation de cette structure à Gressier, le vendredi 18 novembre 2016.

Le sens de l’histoire fait défaut. Tôt dans la matinée, les soldats/ techniciens étaient tous présents pour marquer d’une pierre blanche cette date ayant conduit à l’indépendance du pays. Sans le moindre souci de se souvenir des prouesses des Pères fondateurs pour y arriver. Le créole ou le français ont été absents. À preuve, l’on peut citer, entre autres expressions, ‘‘a la derecha’’ ; ‘‘a la izquierda’’. S’ajoutent à cela les énumérations ‘‘Uno, dos…’’. Vêtus et camouflés en vert d’olive, ces militaires semblent vouloir imiter d’autres pays en guise de l’armée indigène.

Une démarche qui est contraire aux prescrits de la Constitution en son article 5. Lequel article stipule: « Tous les Haïtiens parlent une langue commune, le créole. Le créole et le français sont les langues officielles de la République. »

Participant à la cérémonie, le Premier ministre également ministre de la Défense Enex Jean- Charles a souligné l’importance de la Bataille de Vertières dans la naissance du pays. À son avis, « elle doit nous rappeler le sens du devoir à accomplir au quotidien». Il appelle en ce sens à une prise de conscience pour prendre des décisions importantes dans les années à venir en matière d’une défense effective. La « Force nationale », insiste-t-il, est une exigence constitutionnelle. Sa mobilisation doit être pensée dans une conception philosophique.

Il s’agit, poursuit le chef du gouvernement, d’un engagement que les autorités seront appelées à assumer entièrement. « Il ne fait aucun doute que la défense du pays devient une priorité absolue, même si nous sommes tenus d’assurer d’autres priorités pour nos compatriotes. Celle-là est la condition de tout », a-t-il fait savoir.

Le chef du gouvernement a salué les efforts des soldats du CORGEM relevant du ministère de la Défense. Il est défini selon le décret du 9 octobre 2015 portant organisation et fonctionnement dudit ministère. Ils sont au nombre de 126, issus de quatre promotions différentes. Formés en République d’Équateur, ces soldats sont dirigés par un groupe de 18 officiers, dont 10 officiers-ingénieurs et 8 officiers fantassins, nourris en art militaire. Au regard de leurs interventions suite au passage de l’ouragan Matthew, souligne-t-il, aux Cayes et à Port-de-Paix, leurs interventions avec les maigres moyens dont ils disposent, font montre de la nécessité de mettre en place la force nationale.

Le célébrant officiel était là. Dans son homélie de circonstance, il n’a pas hésité à vanter les prouesses des ancêtres pour libérer le pays du joug de l’esclavage. Ce système qui, dit-il, est inhumain. À cet effet, il appelle à un éveil citoyen devant déboucher sur le sentiment nationaliste. « Il ne faut pas se contenter à célébrer chaque année cette date, alors que des troupes étrangères sont encore présentes sur le sol haïtien », a-t-il martelé.

Par ailleurs, dans la matinée du 18 novembre le président Jocelerme Privert a déposé une offrande florale au Musée du panthéon national.

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