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Ucref: Sonel Jean-François limogé

La décision du le chef de l’État, Jovenel Moïse de limoger Me Sonel Jean François, à la direction générale de l’Unité centrale de renseignement financiers (Ucref), et de le remplacer par l’ancien inspecteur général de la Police Nationale d’Haïti (PNH) et protecteur adjoint du citoyen, Fritz Jean, fait couler beaucoup d’encre et salive. Certaines organisations de droits humains émettent des doutes par rapport à la motivation qui serait cachée derrière cette action. Le coordonateur général de l’Organisation du Collectif du 4 Décembre 2013, Jean Robert Argan, dit constater que le remplacement de Me Sonel Jean-François, s’est effectué avant la fin du mandat de ce dernier. Bien qu’il n’ait pas des explications formelles sur les motivations cachées de son remplacement, il dit croire que cette décision laisse planer des doutes et certains questionnements.

Rovelson Appolon, de la Commission épiscopale nationale justice et paix (Ce-Jlap), dit observer, pour sa part, qu’« en Haïti, la loi ne s’applique pas, on ne respecte pas les lois. On fait les choses en désordre. On fait des vagabondages en politique, ce qui nous conduit dans ce bourbier aujourd’hui. Alors qu’au niveau institutionnel, c’est la loi qui devrait être notre boussole ».

Qu’est-ce qui est à la base du remplacement de Me Sonel Jean- François ? Se demande monsieur Appolon qui ne peut s’empêcher de faire référence au dossier concernant l’éventuelle implication de monsieur Jovenel Moïse dans un cas de blanchiment d’argent. Tout en soulignant qu’aucun éclaircissement n’a encore été fait dans le dossier du chef de l’État, le représentant de la CJ-LAP se demande si ce n’est pas simplement une démarche pour brouiller la carte, soit pour blanchir le chef de l’État, ou pour l’acculer ?

Le limogeage de Sonel Jean- François, un règlement de compte ?

« C’est une violation de la Constitution de concert avec le Parlement, qui a permis au président Jovenel Moïse d’opérer ce changement à la tête de l’UCREF. Aucune prérogative constitutionnelle ne lui donne ce droit » avance Me Jean Maxime Rony, coordonateur de la Plateforme des Organisations haïtiennes pour la défense des droits humains (POHDH). Il souligne que le président Moïse a dans son angle de mire tous ceux avec qui, il a eu un différend. Ainsi, projette-til d’attaquer plusieurs responsables d’institutions indépendantes en dépit du fait qu’elles détiennent un mandat émanant du Parlement.

Me Rony dit condamner avec véhémence ce mode d’attitude de la part du chef de l’État, qui serait très grave en procédant au remplacement du directeur général de l’UCREF. “Il faut que les dirigeants comprennent qu’ils ne peuvent pas continuer à froisser l’intelligence des citoyens et des citoyennes” dit-il. Très acide envers cette décision du chef de l’Etat, le défenseur des droits humains, n’y va pas par quatre chemins, pour souligner que le président Moïse veut prendre ses revanches. Ce qui est, dit-il, dommage, puisqu’il n’a pas su prendre les hauteurs, à la dimension d’un vrai chef de l’Etat. Il se contente uniquement de se plaire à lui-même.

Par ailleurs, dans la loi portant organisation et fonctionnement de l’UCREF, le texte dans sa nouvelle formulation prévoit qu’au moins trois des cinq membres du Conseil d’administration seront choisis par le pouvoir exécutif. Ce qui viendrait confirmer l’instrumentalisation de cette institution qui devrait être indépendante.

Le texte prévoit également que deux membres seront désignés par le ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP), un par le ministère de l’Economie et des Finances (MEF), un par la Banque de la République d’Haïti (BRH) et enfin un autre par l’Association professionnelle des Banques (APB).

Face à cette nouvelle disposition, d’aucuns se questionnent pour savoir si les prochains responsables de l’UCREF auront suffisamment de liberté et de marges de manoeuvres pour enquêter sur les petits comme sur les gros gibiers, surtout les hauts dignitaires du pays qui, très souvent, sont l’objet de soupçons de corruption et de blanchiment.

Lenational

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