Tuesday, November 21, 2017
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Remobilisation de l’Armée : Hervé Denis dans le collimateur des députés

Les points de vue des députés de la 50elégislature divergent sur la demande d’interpellation du titulaire du ministère de la Défense, Hervé Denis, adressée au président de la Chambre basse, Cholzer Chancy. La séance est fixée pour le mardi 1er août 2017 autour de la problématique de la reconstitution des Forces armées d’Haïti, ce, dans un contexte de crise sociale profonde. Cette interpellation, appuyée par plus d’une vingtaine de députés de diverses tendances politiques, concerne le « comportement anti-institutionnel et antirépublicain » du ministre, d’après la correspondance adressée au président de la Chambre le 25 juillet 2017.

« Nous voulons une armée qui sera utile au pays, qui permettra au pays de contrôler ses frontières, qui permettra également de sécuriser le pays », fait savoir le député d’Anseà- Foleur, Louis Marie Bonhomme. Il critique la rapidité avec laquelle le ministre Hervé Denis a enclenché la mise sur pied cette armée. Il pense que le ministre agit seul dans cette affaire, sinon il aurait pu s’asseoir avec tous les secteurs de la vie nationale afin de déterminer quelles directives ils vont donner à l’armée pouvant lui permettre de sécuriser les frontières et apporter des solutions aux problèmes environnementaux.

Le parlementaire anticipe sur le fait que si cette armée reproduit les mêmes erreurs du passé, la population tiendrait le Parlement responsable de cette situation. Certains parlementaires assimilent l’interpellation du ministre de la Défense à un chantage politique. Cependant, le député de la troisième circonscription de Port-au-Prince, élu sous la bannière du Parti Fanmi Lavalas, Printemps Bélizaire, précise que le groupe des députés qui a pris l’initiative d’interpeller le ministre vient de toutes les tendances politiques au niveau de la Chambre basse.

Il a plaidé en faveur du renforcement de la Police nationale d’Haïti (PNH) en place du processus de relancer l’armée. Il fulmine qu’ils ont pris l’initiative après le refus du ministre de participer à plusieurs rencontres avec les députés autour de la mise sur pied de cette armée. Il dit que les parlementaires n’étaient pas informés du processus du recrutement.

Après trois invitations et une demande de sursoir au recrutement de l’armée, le ministre, imperturbable, continue d’appliquer son plan. En conséquence, les députés ont procédé à la demande d’interpellation du ministre Hervé Denis. Signataire de la lettre, le député Printemps Bélizaire plaide en faveur d’une police plus professionnelle. Par rapport aux agissements criminels de l’armée, dans le temps, la population est méfiante. Il dit, cependant, reconnaitre que la Constitution permet deux forces armées dans le pays.

Le député Printemps Bélizaire exige le renforcement de l’institution policière, parce que l’enveloppe budgétaire allouée au ministère de la Défense, autour de 500 millions de gourdes, ne peut pas mettre en place une armée.

Il souhaite que cette armée soit de standard international, de telle sorte qu’elle puisse être proportionnelle à l’armée dominicaine. Il plaide pour qu’il y ait des unités spécialisées pour occuper les zones frontalières du pays.

Le député d’Aquin, Jean Robert Bossé, n’a pas signé la lettre d’interpellation, mais se dit opposé à la démarche entamée par le ministère de la Défense, qui, d’après lui, veut créer une milice dans le pays. Il estime que cette séance d’interpellation peut provoquer au renvoi du ministre, mais il peut aussi contribuer à renforcer le pouvoir du ministre s’il bénéficie d’un vote de confiance des députés.

« Ce n’est pas une armée qui se construit, il est clair que c’est une milice. Je suis foncièrement hostile à ce qui se passe, mais c’est une question de principe puisque je n’avais pas voté pour le gouvernement, c’est à eux de se démêler puisque c’était une majorité qui avait voté le gouvernement » fait savoir le député d’Aquin. Le député de Thomassique, Francisque Delacruz, estime que les modalités ne sont pas respectées pour la remobilisation de l’armée.

« Les Forces armées d’Haïti avaient été démobilisées depuis de 22 ans, le président de la République ainsi que le gouvernement n’ont pas abordé le Parlement sur la méthode qui sera mise en oeuvre pour remobiliser cette armée », critique le député Francisque Delacruz. Il désapprouve la méthode utilisée pour la remobilisation de l’armée. Cependant, il demande au chef de l’État de publier un arrêté présidentiel afin de mettre sur pied le haut état-major de l’armée.

Normalement la séance en interpellation du ministre doit se terminer par un vote de confiance ou de censure, selon la Constitution. En cas de censure, l’Exécutif doit renvoyer le ministre de la Défense.

Plusieurs secteurs de la vie nationale continuent de manifester leur mécontentement par rapport à la « préparation d’une milice au service du régime ». D’aucuns s’interrogent sur le maigre budget alloué pour la mise sur pied de cette nouvelle force armée.

L’ancien président Joseph Michel Martelly, avait recruté, en 2012 et 2013, des dizaines de jeunes qui ont reçu, par la suite, une formation militaire en Équateur.

Au total 2, 250 postulantes et postulants, dont 200 femmes, ont pu s’inscrire dans le cadre du recrutement de cette première promotion devant faire partie de la nouvelle armée d’Haïti, selon un bilan partiel.

Les inscriptions pour la formation de cette première classe de soldats se sont déroulées dans une ancienne base du contingent coréen de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), dans la zone limite entre les communes de Gressier et de Léogâne (au sud de la capitale, Portau- Prince).

Le Collectif défenseurs plus avait mis en garde contre un risque de politisation, observée dans le processus de recrutement. Le parti politique Fusion des sociodémocrates haïtiens (Fusion) avait même préconisé un débat national sur la question. D’anciens militaires, qui continuent de s’entraîner, en différents endroits en Haïti, exigent, de leur côté, leur intégration dans la nouvelle armée, non encore légalement définie.

Lenational

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