Thursday, September 21, 2017
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Plaidoyer contre la violence faite aux femmes et aux filles handicapées

À l’occasion de la journée internationale des Personnes handicapées, le 3 décembre 2016, le bureau de l’Association des femmes handicapées du Sud, de concert avec d’autres partenaires, a organisé une conférence-débat dans la ville des Cayes autour du thème « Luttons contre la violence faite aux femmes et filles handicapées ».

L’Association des femmes handicapées du Sud (AFHS) a marqué, par une conférence-débat, la journée mondiale des Personnes handicapées, le samedi 3 décembre dernier. Laquelle conférence s’inscrit dans le cadre du projet titré « Promouvoir les droits des femmes handicapées à la protection contre la violence et l’accès à la justice dans le département du Sud d’Haïti». Un projet qui s’étend sur une période allant de septembre 2016 à août 2017 et qui est financé par Disability Rights Fund à hauteur de huit mille dollars américains.

Selon la coordonnatrice de l’AFHS, Marijoe Pierre, cul-dejatte depuis l’âge de 7 ans, ce débat est réalisé pour dénoncer les violences faites aux femmes et aux filles handicapées. Âgée de 34 ans aujourd’hui, Marijoe dit avoir vu assez de femmes handicapées victimes d’abus sexuels et de maltraitance. Le cas le plus récent enregistré, a-t-elle expliqué, est une adolescente sourde-muette de 16 ans qui a été violée par un jeune garçon et qui malheureusement, a-t-elle ajouté d’un air embarrassé, est tombée enceinte.

Par ailleurs la coordonnatrice de l’association des femmes handicapées du Sud, Marijoe Pierre, déplore qu’à maintes reprises, des femmes et des filles handicapées victimes de cas de violence ne portent cependant aucune plainte par-devant les organes concernés aux fins de suivi. La superviseuse dudit projet, Altada Edmond, dans la même veine, souligne que l’un des problèmes majeurs auxquels font face les personnes handicapées dans la région du Sud est le manque d’accessibilité des bureaux. Ces constructions qui ne tiennent pas compte de l’accessibilité des personnes à déficience physique, a expliqué Mme Edmond, constituent l’une des causes de démotivation qui, selon elle, contraignent certaines victimes à avoir recours aux institutions concernées.

La superviseuse dit reconnaître que beaucoup d’efforts ont été faits dans le cadre de la lutte pour le respect des droits des personnes handicapées en Haïti notamment avec des partenaires comme le ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes (MCFDF), le ministère des Affaires sociales, le Bureau de la secrétairerie d’État pour l’intégration des personnes handicapées (BSEIPH) et autres partenaires internationaux. Toutefois elle estime qu’il reste encore beaucoup à faire dans leur démarche inclusive.

Consciente de l’inaccessibilité du bureau du MCFDF dans le Sud, la coordonnatrice départementale dudit ministère, Josette Macillon, qui a apporté sa touche à la réalisation de cette conférence, déclare être obligée d’aller vers les femmes handicapées pour la réalisation de ce plaidoyer. Selon elle, c’est un début. Elle promet d’accompagner les femmes handicapées dans leur lutte. Car, ajoutet- elle, les femmes handicapées sont victimes à deux niveaux : d’abord parce qu’elles sont des femmes ; ensuite parce qu’elles sont handicapées.

Cette conférence-débat à l’occasion de la Journée internationale des personnes handicapées fait suite à une marche qu’a organisée l’Association des femmes handicapées du Sud le 25 novembre dernier en vue de dire non aux violences faites aux femmes et filles handicapées. Ce qui entre aussi dans leur démarche du respect et de l’application des articles 13 et 16 de la convention relative aux droits des personnes handicapées.

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