Monday, December 11, 2017
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PetroCaribe: la séance reportée sine die

Après les discussions houleuses provoquées par la présentation officielle du rapport de la commission Éthique et Anticorruption sur la gestion des fonds PetroCaribe, au Sénat de la République, le mardi 14 novembre, les sénateurs se sont donné rendez-vous ce jeudi 30 novembre pour statuer enfin sur le sort du document, contesté par la totalité des personnes indexées. Mais coup de théâtre: quelques heures avant, le président du Sénat, Youri Latortue, a déclaré que la séance a été reportée sine die, arguant que le consensus nécessaire n’a pas été trouvé au niveau des différents groupes politiques du grand Corps.

Le Sénat de la République semble avoir son pied à l’étrier. Le décor était pourtant bien planté. L’hémicycle du Sénat, bien arrangé, attendait que les sénateurs prennent siège. Contre toute attente, la séance au cours de laquelle les pères conscrits devraient statuer sur le rapport final de la Commission sénatoriale spéciale chargée d’enquête sur le fonds PetroCaribe n’a pas eu lieu le jeudi 30 novembre comme prévu. La séance est reportée sine die. La nouvelle a été donnée par le président du Sénat Youri Latortue un peu avant l’heure de la séance. De fait, ceux qui s’attendaient à une position de l’auguste assemblée sur ce rapport doivent encore attendre.

Si la réalisation de la séance spéciale se fait toujours attendre, ceux qui sont indexés dans le rapport avancent des pions dans toutes les directions. De Stéphanie Villedrouim à Wilson Laleau en passant par Jean Max Belle-Rive jusqu’à Laurent Salvador Lamothe, ils ont tous avancé des arguments pour montrer qu’ils sont blancs comme neige dans ce qu’il convient d’appeler « l’affaire PetroCaribe ». Beaucoup prévoient déjà le spectre d’une bataille rangée au Sénat lors de la réalisation de cette séance.

 

S’exprimant sur le rapport, le mardi 28 novembre, lors d’une conférence de presse qui a duré plus d’une demi-heure, l’ancien Premier ministre Laurent Lamothe a dit révéler, tout comme les autres accusés, pas moins de quarante erreurs y compris des failles dans ce document qu’il qualifie comme « Le mensonge du siècle ». Il a également indexé la méthodologie employée par les commissaires. Cela ne fait guère de doute, ce sera une bataille rangée, que ce soit dans les médias ou au Parlement de la République. Quand on sait que treize des quatorze personnes qui seraient impliquées dans le blanchiement et le détournement de fonds du programme de PetroCaribe ont servi le PHTK, alors qu’au Sénat de la République l’équipe rose est majoritaire.

Les jours qui suivent la publication du rapport de la commission sénatoriale spéciale chargée d’approfondir l’enquête sur le fonds PetroCaribe sont tous animés par des répliques de ceux qui sont sur le banc des accusés. Depuis, pas une seule journée sans avoir lu une note ou vu une conférence de presse. Tout le monde cherche à se laver dans cette affaire.

À rappeler qu’une première enquête en août 2016 avait révélé que le fonds du Programme était une vache à lait pour les grands commis de l’État. Ce rapport final a indexé une quinzaine de ministres, dont deux anciens Premiers ministres ainsi qu’une dizaine d’entreprises haïtiennes et dominicaines.

Lenational

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