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Ouverture officielle de la deuxième session extraordinaire

Le président du Sénat de la République, le sénateur de l’Artibonite Youri Latortue, a ouvert, ce lundi 23 octobre 2017, la deuxième session extraordinaire de l’année législative, en vue de statuer sur la ratification du projet d’accord entre le Gouvernement et les Nations unies portant sur le statut de la MINUJUSTH et le choix par le Parlement de ses 3 représentants au Conseil électoral permanent (CEP). Cette séance a accusé la présence de 18 sénateurs et 88 députés.

Le président de l’Assemblée nationale, Youri Latortue, a souhaité la bienvenue aux députés qui ont dû écourter leurs vacances à cause de la convocation du président de la République, alors qu’ils devaient retourner au Parlement le deuxième lundi du mois de janvier 2018. « Les situations critiques que vit notre pays ont prématurément interrompu vos vacances bien méritées. Mais, votre patriotisme éclairé a vite compris que la conjoncture haïtienne globale exige une disponibilité constante ainsi qu’un travail dans tous les compartiments de la sphère publique », fait savoir le président de l’Assemblée nationale.

Le corps législatif est convoqué à l’extraordinaire par le président de la République afin de statuer sur les conventions internationales et des lois nationales. Cette convocation a un caractère particulier, dans la mesure où elle s’effectue dans un contexte de polarisation des forces politiques. « L’heure est venue de réaliser qu’en dépit et au-dessus des cloisons de nos divergences, nous devons nous atteler à la tâche, de ressouder les fractures, de reforger la cohésion nationale pour livrer et gagner le bon combat, celui de la défense des intérêts du peuple haïtien », plaide Youri Latortue, se voulant un rassembleur dans un contexte où les manifestants ne se prononcent plus contre le budget, mais pour exiger la démission du chef de l’État et du Parlement.

Le président du Sénat croit qu’il est désormais temps de nous asseoir avec sincérité, et une éthique de responsabilité, pour un dialogue pacificateur et créateur d’opportunité. « La promotion sociale, la stabilité politique, ainsi que le progrès technologique et économique, ardemment attendu par le peuple haïtien, ne pourront se matérialiser que si les dirigeants du pays réussissent à tisser solidement un consensus et à mettre en place les institutions prévues par la Constitution et la loi », soutient le sénateur Latortue.

Par ailleurs, il rappelle que le chef de l’État a inscrit à son agenda la ratification de deux conventions bilatérales et d’un accord multilatéral, qui ont respectivement pour but d’élargir par la formation l’horizon professionnel de notre jeunesse souffrante et de renforcer aussi bien l’appareil judiciaire que la Police nationale d’Haïti (PNH).

Il met en exergue le fait que l’État haïtien manque de ressources à la fois humaine et judiciaire pour augmenter l’offre publique d’enseignement universitaire.

L’élu de l’Artibonite dit reconnaitre l’état déplorable du système judiciaire, malgré de grands efforts et des progrès significatifs qui auraient été réalisés. « Notre jeune institution policière a encore besoin d’un accompagnement international », affirme-t-il, tout en soulignant que cette assistance ne saurait en aucun cas, prendre la forme d’une allure sournoise d’une mise sous-tutelle déguisée.

« Haïti est un membre fondateur de l’Organisation des Nations Unies (ONU) qui prône dans sa charte le principe de la solidarité internationale », dit-il. Par conséquent il lui parait évident que l’accord portant le statut de la Minujusth doit être vu et ratifié dans le cadre de cette solidarité, mais il est également évident que cela ne peut se faire sans soulever des questions de la plus haute importance pour la Nation et que le Parlement haïtien ne peut se permettre de passer sous silence.

Les exactions contre la population haïtienne, incluant le viol, l’importation de l’épidémie de choléra, la pédophilie et autres, doivent être dénoncées et réparées. Il est impossible pour le Parlement d’engager le pays sans apriori avoir obtenu des garanties pour le peuple haïtien et une plus grandes transparence sur les colliers apportés un mieux être à notre pays, selon le sénateur Latortue.

De plus, pour le président du Sénat, cette convocation s’inscrit dans une perspective de justice fiscale, l’effet de la modification de l’article 149 du décret du 29 septembre relatif à l’impôt sur revenu. Ce vote revêtira donc une double importance, non seulement il fera justice à une catégorie de citoyens haïtiens qui ont du mal à subvenir à leur besoin de base, mais aussi il apaisera la tension sociale.

Le sénateur Latortue dit attendre la soumission dans un meilleur délai d’un budget rectificatif pour tourner définitivement la page des antagonismes liés aux revendications fiscales.

La mise en place du CEP permanent

En ce qui a trait au Conseil électoral permanent, le pouvoir judiciaire avait déjà lancé le processus pour recruter de son côté 3 membres pour le représenter à l’institution électorale. Au parlement, une commission bicamérale chargée d’analyser les pièces des candidats a retenu les dossiers de 28 candidats sur 41. Mais l’Exécutif n’avait toujours pas encore dévoilé les noms de ses représentants.

La formation du CEP, selon les prescrits de la Constitution de 1987 amendée, commande une approche non partisane. Elle doit se faire dans la plus grande transparence, sur les bases de la compétence et du mérite.

Latortue plaide pour la transparence et le respect de la loi lors du recrutement des membres du CEP permanent. Toutefois, le projet de la formation du conseil électoral permanent s’est déjà heurté à l’opposition de certains partis politiques notamment la Fusion des sociaux-démocrates qui a enjoint les trois pouvoirs de l’état de suspendre le processus de désignation de leurs représentants.

Lenational

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