mercredi, décembre 19, 2018
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Ouragan Irma: un bilan toujours incertain dans les Caraïbes

Irma, l’ouragan le plus puissant jamais enregistré dans l’Atlantique, continue de semer le chaos dans les Caraïbes. Le bilan des victimes s’est alourdi dans la nuit du vendredi 8 septembre, avec au moins 14 morts à Saint-Martin, aux îles Vierges, à Porto Rico et Barbuda. Des vents dépassant parfois les 300 km/h ont provoqué d’importants dégâts à Saint-Martin et Saint Barthélemy, où les habitants sont toujours privés d’électricité. Aucune nouvelle des îles Turks et Caicos, petit archipel des Caraïbes qui se trouve sur la route du cyclone.

 

« Cauchemar », « apocalypse » sont les qualificatifs qui reviennent le plus souvent pour décrire les paysages de désolation après le passage de l’ouragan Irma. L’île de Barbuda a été totalement dévastée selon le Premier ministre Gaston Browne. Saint-Barthélemy et Saint-Martin ont subi des rafales de vent atteignant 360 km/h. Le ministère de l’Intérieur français a annoncé un bilan d’au moins 9 morts7 disparus, et 112 blessés dont deux graves dans ces deux îles françaises.

Parmi la cinquantaine de blessés répertoriés, deux sont dans un état grave. Les dégâts sont énormes. A Saint-Martin, côté français, les autorités sont sous le choc et estiment à 95 % l’ampleur des destructions sur l’île, privée d’électricité, d’eau potable et d’essence. Les routes sont totalement impraticables.

Pillages

Au total, 455 gendarmes sont arrivés sur place en renfort pour venir en aide aux milliers de sinistrés, mais aussi pour éviter les pillages de nourriture aussi bien chez les particuliers que dans les supermarchés. Un nouveau contingent de 187 militaires débarquera dans la journée. « L’urgence est de sécuriser l’île », ont indiqué des gendarmes à notre confrère de Guadeloupe 1ère Pascal Pétrine.

En plus des forces de sécurité, les navettes de secours aériennes et maritimes continuent d’acheminer de la nourriture, du matériel de secours et surtout de l’eau dans les zones dévastées par l’ouragan.

Le Royaume-Uni a également décidé de prêter main-forte aux secours en envoyant des avions militaires dans les régions sinistrées. Dans ces zones, la priorité est dans un premier temps de « répondre très rapidement aux besoins essentiels des populations », explique Olivier Routeau, de l’ONG Première urgence internationale. Notamment en leur permettant d’accéder à l’eau potable, les sources d’eau classiques étant bien souvent polluées, précise-t-il.

Reconstruction

Dans un second temps, les secours doivent se concentrer sur la mise en place d’abris pour les populations, étant donnée l’ampleur des destructions. Cela passe aussi par l’accès à « des kits d’hygiène, des couvertures », précise Olivier Routeau. L’objectif est ensuite d’acheminer de la nourriture sur place, ajoute-t-il, « avant d’entamer une deuxième phase de déblaiement, de travaux d’assainissement pour pouvoir restaurer des conditions de vie plus décentes en reconstruction ».

L’un des mots qui reviennent, c’est celui de reconstruction. Et pour cela, les aides publiques ne suffiront certainement pas. Des appels à la générosité sont lancés par de nombreuses associations. Les dons sont déjà très nombreux, selon Frédéric Théret, directeur du développement de la Fondation de France.

On en est à peu près à un demi-million de dons. C’est beaucoup de générosité. C’est des milliers de Français qui ont donné et à la Fondation de France on va faire en sorte que l’argent qui nous est confié on l’utilise le plus utilement, le plus efficacement possible sur le terrain.

Plusieurs régions encore menacées

A Porto Rico, plus de la moitié de la population est toujours sans électricité, des rivières sont sorties de leur lit dans le centre et le nord de l’île. Des inondations ont touché le nord-est d’Haïti. Mais selon les prévisions météorologiques, la trajectoire de l’ouragan devrait passer un peu plus au nord d’Haïti, ce qui pourrait atténuer son impact.

Irma est le cyclone de cette intensité le plus long jamais enregistré et il continue de menacer de nombreuses îles. L’ouragan progresse à 26 km/h en direction de l’ouest/nord-ouest, avec des vents atteignant 295 km/h.

L’ouragan Irma a été rétrogradé en catégorie 4, contre 5 auparavant, tout en restant extrêmement dangereux, a annoncé vendredi le Centre national des ouragans (NHC) américain. Sur les dernières images satellites, l’œil du cyclone devait passer au-dessus des îles Turks et Caicos, un archipel d’une trentaine d’îles à 240 kilomètres au nord d’Haïti. On ignore s’il y a des victimes et l’ampleur des dégâts.

En Floride, on se prépare au pire. Des évacuations massives ont débuté dans les zones côtières et dans l’Etat de Georgie, où le monstre Irma est attendu dès vendredi soir.

Enfin, mauvaise nouvelle, l’ouragan José, classé 3 passera bien lui aussi au-dessus de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin dans la nuit de samedi à dimanche. Mais José devrait cependant être moins violent qu’Irma, avec des vents à 130 km/h et une houle de 2 mètres. Mais alors que les îles sont dévastées, même moins puissant, ce nouvel ouragan pourrait bien causer d’importants dégâts. Une partie de la population sera donc de nouveau évacuée.

RFI

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