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Les ouvriers se mobilisent contre la révision du Code du travail

En moins d’une vingtaine de jours, les ouvriers de la Société nationale des Parcs industriels (Sonapi) ont organisé leur seconde manifestation de rue. Ils disent s’engager à défendre leurs revendications qui sont l’amélioration des conditions de travail et l’ajustement des salaires. Ils ont, à cet effet, lancé une mise en garde aux parlementaires leur demandant de surseoir au projet de révision du Code du travail haïtien. Les ouvriers sortent de leur mutisme. Plus d’un mois après la rencontre tenue entre le secteur patronal et des sénateurs de la République autour de la proposition de loi portant révision de certains articles du Code du travail haïtien. Ils invitent les sénateurs à surseoir à cette démarche qui vise à diviser la journée de travail en trois tranches horaires. Il n’est pas question de modifier le temps de travail sans avoir l’avis des ouvriers sur ce dossier. « Il s’agit d’un travail qui serait en train de se réaliser dans l’intérêt des patrons », a déclaré le porte-parole de la Plateforme du syndicat des industries textiles (Plasypo), Thélémaque Pierre, lors d’une manifestation tenue le vendredi 19 mai 2017.

Sans langue de bois, le syndicaliste a critiqué la décision de réviser un total de seize (16) articles du Code du travail. Cette proposition de loi dénommée 3/8, affirme-t-il, ne constitue pas une priorité pour l’heure, tenant compte des nombreuses revendications des ouvriers. En ce sens, il a mis plutôt l’accent sur la nécessité d’ajuster le salaire minimum à 800 gourdes à coté d’autres mesures d’accompagnement comme des avantages sociaux et des soins sanitaires. Ce qui leur permettra de faire face à la détérioration des conditions socio-économiques du pays et de pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles.

Entre-temps, le Conseil supérieur des salaires (CSS) doit se pencher sur la situation dans laquelle travaillent les ouvriers. « Ces pères et mères de famille végètent dans la misère avec un salaire de pitance ne leur permettant même pas de reproduire leur force de travail. La situation devient encore plus compliquée avec la décision du gouvernement Moïse/Lafontant d’augmenter les prix des produits pétroliers au grand dam des couches les plus vulnérables du pays, particulièrement ces travailleurs qui croupissent dans les manufactures », a souligné le syndicaliste. Déterminé, il a conditionné la cessation de ce mouvement par la satisfaction de leurs doléances, en dépit des menaces de licenciement dont ils seraient l’objet.

Les protestataires en colère

Dans une ambiance de carnaval, les protestataires, chauffés à blanc, n’ont pas mâché leurs propos contre les autorités. Ils ont lancé des slogans hostiles au président de la République, Jovenel Moïse. Celui-ci, disent-ils, leur avait promis monts et merveilles lors de sa campagne électorale. Une fois accédé à la magistrature suprême de l’État, il agit comme ses prédécesseurs. Au lieu de mettre en oeuvre la dynamique du changement, le président, ont-ils encore déploré, a choisi d’augmenter les prix des carburants sans penser à l’ajustement du salaire minimum.

Munis de branches d’arbres et de pancartes, les ouvriers chantaient « Jovenel, Martelly te pale ou pou salè minimòm sa nou te wè ou tap pran nan cho ». Interrogés par Le National, ils ont dénoncé des actes de violence dont ils sont victimes dans l’accomplissement de leur travail, tout en promettant d’intensifier le mouvement dans les prochains jours si rien n’est fait. Au regard de la cherté de la vie, fustigent-ils, les 3000 gourdes reçues comme salaire par quinzaine ne représentent qu’une pitance. C’est pourquoi, Ils réclament 8000 gourdes. Un montant qui, disentils, n’est pas négociable.

Ils ont critiqué aussi des hommes d’affaires et certains parlementaires qui n’ont jamais dénoncé les mauvaises conditions des ouvriers qui vendent leurs forces de travail et qui permettent aux politiciens de s’enrichir.

Arrivés devant la Primature, une délégation d’ouvriers a été accueillie par le sénateur des Nippes, Nènèl Cassy qui leur a apporté son plein soutien. « Il s’avère nécessaire pour les autorités d’améliorer les conditions de travail de ces compatriotes qui sont pour la plupart des pères et mères de familles. Leurs conditions de vie risquent de se détériorer davantage », a déclaré l’élu des Nippes qui en a profité pour exhorter les responsables du CSS à ajuster le salaire minimum en faveur des ouvriers.

Lenational

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