Thursday, September 21, 2017
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Les contestations s’assemblent et ne se ressemblent pas

Les plateformes politiques Lapeh, Pitit Dessalines et le parti Fanmi Lavalas ont formellement contesté les résultats préliminaires de la présidentielle du 20 novembre. Tous réclament le vrai verdict des urnes par une vérification approfondie du processus au Centre de tabulation des votes.

Les prochains jours seront décisifs pour l’avenir du processus électoral. Et pour cause, les résultats préliminaires de la présidentielle qui donnent le candidat du PHTK, Jovenel Moïse, vainqueur au premier tour se trouvent sur le banc des accusés. Jude Célestin, Jean Charles Moïse et Maryse Narcisse ont soumis leurs contestations au Bureau électoral départemental de l’Ouest 1 avant l’échéance du mardi 2 décembre à 10 h 30 am. Les séances d’audition sont, à cet effet, programmées le lundi 5 décembre. Les trois prétendants à la magistrature suprême sont unanimes à solliciter de l’organe contentieux saisi la vérification au Centre de tabulation des votes de l’authenticité des informations contenues dans nombre de procès-verbaux jugés suspects et pourtant comptabilisés.

À ce titre, les avocats constitués dans le camp de M. Célestin : Me Osner Fevry, Me André Michel et Me Helton Harold Désinor, demandent une vérification approfondie de contrôle au CTV suivant l’article 187 du décret électoral. Elle doit inclure une vérification des feuilles de comptage, l’authenticité des cartes d’identification nationale (CIN), des numéros d’identification nationale et des listes d’émargement correspondant aux procès-verbaux comptabilisés au CTV et validés par le Conseil électoral provisoire (CEP). Suivant la requête du candidat à la présidence Jude Célestin, les élections du 20 novembre ont été émaillées d’irrégularités et de fraudes massives, contrairement à l’appréciation des observateurs nationaux notamment qui estiment qu’elles se sont bien déroulées.

 Pour étayer leur thèse, les avocats de l’ex-directeur général du Centre national des équipements (CNE) citent en exemple des cas où le droit de vote de nombre de citoyens a été exercé à leur insu par des agents électoraux. Dans d’autres cas, de nombreux votes comptabilisés n’ont pas été endossés soit par signature ou par apposition d’empreinte digitale, ce, en violation du décret électoral en son article 158.1 qui fait obligation au secrétaire d’un bureau de vote de s’assurer que tout votant réponde à cette exigence.

Jean Charles Moïse revendique la deuxième place

Le candidat de la plateforme Pitit Dessalines conteste lui aussi l’ensemble des résultats préliminaires de la présidentielle qu’il qualifie de négociation. En conséquence, le cabinet d’avocats de Me Evelt Fanfan constitué dans cette affaire demande que les procèsverbaux soient retabulés. Toutefois, à l’opposé de Jude Célestin, la requête de l’ex-sénateur du Nord est spécifique. Il demande, à titre d’exemple, de vérifier les numéros des cartes d’identification nationale dans des zones à réputation de fraudes massives comme les Nippes, l’Ouest, le Sud et le Sud-Est. Notons que dans ces départements, selon les résultats du CEP de Léopold Berlanger, Jean Charles Moïse arrive en troisième position derrière Jovenel Moïse et Jude Célestin.

Les revendications de l’ex-maire de Milot sont clairement définies. À savoir la deuxième place dans le classement des résultats préliminaires proclamés le 28 novembre dernier. Cette requête se base, selon l’exposé des motifs de la contestation, sur des calculs effectués sur 10 319 procès-verbaux affichés sur le site du CEP. Le total des votes et pourcentages aurait placé Jovenel Moïse en tête avec 402 399 voix, soit 33.56 %, alors que Jean Charles Moïse, fort de 292 860 voix qui représente 24.43 %, arrive en deuxième position en lieu et place de son ex-camarade du G-8 Jude Célestin.

Suivant une simple logique mathématique, les avocats de l’homme de gauche estiment incompréhensible que le nombre de procès-verbaux utilisés au CTV pour calculer les résultats soit supérieur à ceux affichés sur le site officiel du CEP. Dans le premier cas, 10 618 PV correspondants à 1 069 646 votes ont été tabulés, alors que les PV affichés sur le site officiel de l’institution électorale s’élèvent à 10 319 PV, donnant ainsi 1 198 731 votes. Il en résulte que 299 procès-verbaux non affichés sur le site de l’organe électoral ont été comptabilisés dans le processus de tabulation. Ils demandent, de ce fait, par quel artifice ces PV peuvent profiter uniquement au candidat Jovenel Moïse qui a vu sa note augmentée de 33.56 % à 55.67 % sans modifier à la hausse le pourcentage des autres candidats.

 Fanmi lavalas pour l’examen de 74.17 % des PV

De son côté, Fanmi Lavalas dont les militants contestent les résultats préliminaires de la présidentielle dans les rues a aussi fait le dépôt de sa contestation au BED de l’Ouest 1. Selon l’argumentaire du cabinet d’avocats de Me Gervais Charles constitué à la défense de la candidate Lavalas Maryse Narcisse, 74.17 % des procèsverbaux sont susceptibles d’être réexaminés et pourraient chambarder drastiquement les résultats. Ces PV, souligne-t-il, ne sont pas conformes aux dispositions du décret électoral en son article 158.1, à savoir que les votes qui y figurent ne correspondent à aucune signature ni empreinte digitale apposée sur la liste d’émargement.

Dans les cas où les empreintes ont été observées, selon le cabinet de Me Charles, ce ne serait que des taches d’encre impossibles à identifier. Ce qui fait rappeler le rapport de la Commission indépendante d’évaluation et de vérification électorale (CIEVE) qui, après avoir étudié à la loupe les empreintes des électeurs avec l’expertise de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), avait conclu que de nombreuses fausses empreintes ont été utilisées lors des élections de 2015.

Les procès-verbaux précités, selon l’exposé des motifs de la contestation, ont été comptabilisés à partir d’un contact visuel sans être confrontés à la liste d’émargement, aux feuilles de comptage.

Donc, cette démarche ne permettrait pas d’attester si la personne dont le nom est inscrit sur la liste d’émargement avait réellement voté. En conséquence, les avocats de Mme Narcisse demandent au BCED que ces PV ne soient pas pris en compte avant d’établir leur conformité aux listes d’émargement et feuilles de comptage. Le Bureau du contentieux électoral départemental (BCED) peut se révéler incompétent face aux requêtes de ces trois candidats à la présidence. Seul le Bureau du contentieux électoral national (BCEN) est habilité à ordonner par avant dire droit la vérification dans les archives et les bases de données du Conseil électoral provisoire (CEP). Les regards de plus d’un sont alors rivés sur cette période contentieuse qui prendra fin le 27 décembre, deux jours avant la publication des résultats définitifs des élections attendus le 29 décembre.

Lenational

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