Monday, December 11, 2017
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Les autorités dominicaines durcissent leur politique migratoire face à Haïti

Rien n’a changé en ce qui concerne la politique migratoire de la République dominicaine envers Haïti. Malgré le prolongement du moratoire, les Haïtiens continuent d’être expulsés sur le sol dominicain.

La direction générale de la migration (DGM) en République Dominicaine a annoncé qu’au moins 9 000 citoyens de plusieurs pays comme, Albanie, Belgique, Bulgarie, Cuba, Espagne, États-Unis, Pays-Bas, Portugal, Russie, Taiwan, Venezuela et Haïti, ont été expulsés de la République Dominicaine au mois de septembre. La DGM a aussi précisé qu’ils étaient en majorité des citoyens haïtiens.

Selon les données de la DGM, 18 000 Haïtiens au total ont foulé le sol dominicain au cours de ce mois. 14 000 ont été arrêtés expulser en Haïti, majoritairement par la frontière de Jimani. Entre temps, les autorités dominicaines ont mis fin à certains avantages sanitaires. Désormais, les Haïtiens ne pourront plus traverser les frontières pour aller se faire soigner en République dominicaine.

Les autorités sanitaires dominicaines justifient la décision. Le directeur du service national de santé, Nelson Rodriguez Monegro, estime que c’est inadmissible que le gouvernement dominicain dépense 5 milliards de pesos chaque année en soin de santé pour des étrangers, notamment les femmes enceintes de nationalité haïtienne.

Selon les informations véhiculées par le groupe d’appui aux rapatriés et aux réfugiés, plusieurs communes frontalières du Sud-Est, du Centre, de l’Ouest et du Nord-Est font face à des difficultés majeures en matière d’infrastructures sanitaires. Pour des cas qui nécessitent une intervention chirurgicale, les citoyens de ces zones sont contraints de parcourir plusieurs kilomètres afin d’accéder au service hospitalier dans d’autres communes. Ce qui fait, selon le GARR, oblige à ces citoyens de se rendre en territoire voisin non seulement pour trouver les services, mais également pour les recevoir à un coût réduit.

Pas même un centre de santé au niveau de ces zones pour prendre en charge les femmes enceintes. Le GARR raconte qu’une femme enceinte à Anse-à-Pitres ou Thiotte et qui devait subir une césarienne est contrainte de se rendre à Jacmel. Une autre qui réside à Belladère doit se rendre à Mirebalais. Pour la commune de Cornillon/Grand-Bois, elle doit se rendre à Port-au-Prince tandis qu’une femme enceinte résidant à Thomassique doit obligatoirement se rendre à la commune de Hinche.

Suriname ouvre ses bras aux Haïtiens

Alors qu’ils sont rejetés en République dominicaine, le Suriname ouvre ses bras aux ressortissants haïtiens. Le Chef de Poste du Consulat général de la République d’Haïti au Suriname, Alex Jospitre, a eu une rencontre avec Rachelle Groeneveld, directrice des Affaires migratoires au ministère de la Justice et de la Police du Suriname, dans l’objectif de discuter autour du Projet de régularisation du statut des Immigrants haïtiens vivant en situation irrégulière au Suriname.

Le consul Jospitre a fait part à la directrice des affaires migratoire des exigences du processus de régularisation qui pourraient représenter des obstacles incontournables pour les ressortissants concernés par le projet. L’inaccessibilité de certains documents requis dont, l’obtention nécessiterait que les migrants se rendent en Haïti, certains prérequis inapplicables et des exigences au regard des lois surinamiennes vis-à-vis des immigrants en situation irrégulière sont, entre autres, les nombreux défis qui pourraient compliquer la situation. Mais à l’issue de cette réunion, Mme Groeneveld s’est engagée à faire des considérations spéciales pour les ressortissants au cas par cas avec le support du Consulat.

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