Wednesday, August 23, 2017
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Le RNDDH reconstitue les faits et recommande

Dans un rapport d’enquête publié sur l’évasion de la prison civile de l’Arcahaie le 22 octobre 2016, le Réseau national de défense de droits humains (RNDDH) reconstitue les faits. « Seulement 10 des incarcérés évadés ont été récupérés. Et seulement l’agent Frantz Dorsainvil est maintenu en prison », note le rapport. Par ailleurs, l’institution déplore le fait que cette évasion a eu lieu à un mois de l’élection présidentielle.

Deux personnes mortes et quatre autres blessées ont été enregistrés pendant l’évasion de la prison civile de l’Arcahaie. Au passage, 174 détenus se sont enfuis le 22 octobre 2016. Cependant, seulement 10 des incarcérés évadés ont été récupérés, a souligné le dernier rapport d’enquête du Réseau national de défense de droits humains. Fort de ces faits, le RNDDH recommande « le transfert des autorités judiciaires du dossier complet relatif à l’évasion pour la poursuite des agents impliqués ; l’arrestation et le jugement de tous les anciens détenus évadés le 22 octobre ; exige le traitement du dossier relatif à l’assassinat de Fritz Gérald Fanéus, agent III. Aussi, l’institution de droits humains exhorte l’Inspection générale de la PNH à lever définitivement les mesures conservatoires prises à l’encontre des agents de la DAP qui ne sont pas impliqués dans l’organisation et la perpétration de l’évasion du 22 octobre.

 Selon le rapport du RNDDH, le 20 octobre, les prisonniers des cellules 1, 2, 3 et 4 prenaient leur bain. L’un des détenus, Évens Barthélémy a déclaré à Sylvert Jean-Pierre, agent I, qu’il aurait intérêt à se comporter autrement. Les prisonniers lui en veulent et lui réservent une surprise. L’agent Johnny Élisée, se trouvant au niveau de l’un des miradors, a entendu les propos du prisonnier et les a rapportés au responsable de poste, Frantz Dorsainvil. Le détenu, au cours d’un interrogatoire, a avoué à l’inspecteur André Cerne « avoir eu vent de ces informations au moment où elles étaient communiquées à un autre détenu dénommé James ». Après vérification, les agents de la prison n’ont trouvé personne de ce nom. L’agent Johnny Élisée a essuyé des reproches du détenu pour avoir rapporté ses propos. En réaction, note le rapport, les autres agents l’ont roué de coups puis l’ont placé en isolement pendant quinze jours.

Toujours selon le document, le 22 octobre, jour de l’évasion, les 266 détenus ont répondu à l’appel nominal. Vers une heure de l’après-midi, l’un d’entre les prisonniers, au moment où les autres prenaient leur bain, muni d’une arme à feu, a provoqué une situation de tension dans l’espace pénitentiaire. Les prisonniers se sont enfuis de l’espace de détention, mentionne le rapport. Rencontré dans la cour de la prison, Yvener Carius a réclamé les clefs de la barrière principale de la prison avant d’abattre l’agent III, Fritz Gérald Fanéus. Il était chef de poste ce jour-là. Les agents ont utilisé leurs armes à feu pour mettre fin au mouvement des prisonniers. Le rapport mentionne que des échanges ont été enregistrés.

Parallèlement, les autorités policières de la prison civile ont déclaré aux enquêteurs du RNDDH n’avoir pas eu le temps d’alerter le commissariat qui partage le même espace avec la prison. Ce ne sont que les tirs nourris et les bruits suspects qui ont porté les policiers du commissariat à se rendre compte d’un problème. Leur attitude, souligne le document, a consisté à se mettre à l’abri et à sécuriser les armes du commissariat. Cependant, déclarent-ils, la barrière principale de la prison était restée fermée. Avant l’arrivée des unités spécialisées de la PNH, ils ont déclaré avoir récupéré trois détenus et repris cinq armes à feu.

Selon les déclarations de plusieurs policiers, l’évasion de la prison civile de l’Arcahaie était planifiée et c’est l’agent Frantz Dorsainvil qui a donné l’arme au détenu. Les détenus qui ne se sont pas évadés, note le rapport, affirment avoir été au courant du plan d’évasion et que des armes avaient été introduites dans la prison avec l’aide de l’agent Frantz Dorsainvil. Ils ont aussi affirmé que l’un des détenus avait partagé les informations avec les agents de la direction de l’administration du pénitencier, lit-on dans le rapport.

De ce fait et fort de ces faits, le Réseau national de défense des droits humains, dans ses recommandations, enjoint les autorités étatiques à informatiser le système de traitement des données des prisons du pays et à collecter les données biométriques des personnes en conflit avec la loi et à interconnecter entre elles les différentes composantes de la chaîne pénale.

Lenational

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