Friday, November 17, 2017
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Le pouvoir exécutif s’octroie un satisfecit

Un mois après la tragédie humanitaire causée par l’ouragan Matthew, le pouvoir exécutif a fait son bilan de la situation et capitalisé sur sa gestion post-désastre au cours d’une conférence de presse tenue au palais national le vendredi 4 novembre. Le nombre de décès s’élève à 546, plus d’une centaine de personnes sont portées disparues alors que 240 000 autres se sont réfugiées dans des abris provisoires. L’administration Privert/Jean- Charles s’est octroyé, malgré tout, le satisfecit d’intervenir dans des localités difficiles d’accès et annoncé des mesures de relance progressive de la vie économique dans les régions affectées.

C’est un Jocelerme Privert serein et sûr de lui qui s’est présenté à la presse le vendredi 4 novembre en conférence au palais national. C’est l’heure de dresser le bilan de l’ouragan Matthew un mois après son passage dans la péninsule du Sud. Officiellement, les dégâts humains enregistrés font état de 546 personnes décédées, plus d’une centaine de disparues, 437 blessées, alors que 240 000 personnes ont pris refuge dans 234 abris provisoires. Sur le plan matériel, a informé le chef de l’État, les pertes relevées s’élèvent à deux milliards de dollars.

Ce montant est ainsi reparti : 774 millions de gourdes dans les secteurs productifs tels l’agriculture, l’élevage, la pêche, etc. Les dégâts causés au niveau de 460 kilomètres de route s’élèvent à 335 millions. Alors que les pertes recensées au niveau des établissements scolaires, dont 388 ont été détruits ou endommagés, des hôpitaux et des maisons sont évaluées à 768 millions de gourdes.

Si nombre d’observateurs et de politiques estiment que le pouvoir est dépassé par la catastrophe, Jocelerme Privert, néanmoins, sans prendre directement le contre-pied de ces critiques, ne serait pas de cet avis. N’était, selon lui, l’intervention des autorités concernées la direction de la protection civile, entité du ministère de l’Intérieur, et notamment les différents Centres d’opération d’urgence (COUN, COUD, COUC, COUL), la situation serait pire. Et le gouvernement, de concert avec les pays amis d’Haïti comme le Venezuela, la Colombie et la République dominicaine, a pu répondre, a-t-il précisé, aux besoins matériels de 169 localités inaccessibles par voie terrestre grâce notamment avec les deux hélicoptères et le bateau colombiens.

 Dans cet ordre, il a informé que 340 tonnes métriques alimentaires ont été distribuées dans ces zones difficiles d’accès. D’une manière générale, ce sont deux millions de personnes qui ont bénéficié de 700 tonnes métriques d’aliments. Sans omettre que 146 000 kits d’hygiène ont été distribués au niveau de 200 abris provisoires. Dans cette veine, le chef de l’État s’est attribué le mérite que le pouvoir a pu contenir la propagation du choléra et le nombre de décès sans avancer de chiffres pour étayer concrètement sa thèse.

L’urgence malgré tout est de mise. Toutefois, le premier mandataire de la nation a annoncé que des jalons seront posés pour adresser les défis socio-économiques quand le ruisseau de l’aide humanitaire se sera tari. C’est pourquoi il a annoncé des actions à court terme à entreprendre qui chevauchent sur l’urgence et le relèvement graduel de la vie économique dans les régions affectées. Dans cette dynamique, deux milliards de gourdes seront injectées dans l’agriculture en support à la campagne d’hiver qui débute au cours de ce mois. Alors que dix mille emplois seront créés dans les zones sinistrées.

Ces actions à court terme et celles qui s’inscrivent dans la durée seront pilotées, a annoncé l’ex-sénateur des Nippes, par une Commission interministérielle de réhabilitation post-désastre qui devrait être créée par un arrêté présidentiel attendu depuis le vendredi 4 novembre. Cette entité, qui, a affirmé M. Privert, sera constituée de membres du gouvernement, de la présidence et de la société civile, sera investie de la mission de coordonner l’intervention de l’État haïtien dans les six régions du pays affectées par le drame. Secondée d’un secrétariat technique sous le leadership d’un coordonnateur, cette commission servira d’interface aux bailleurs de fonds qui se seraient engagés à réhabiliter 388 écoles détruites ou endommagées.

Lenational

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