Friday, November 24, 2017
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Le parquet de Port-au-Prince secoué !

L’arrestation du puissant chef de gang, Junior Décimus alias « Tèt Kale », le samedi 3 décembre 2016 a remis en question la sécurité du palais de justice de Port-au-Prince. En effet, cet édifice, hébergeant le parquet de Port-au-Prince, a été pris d’assaut par des alliés et des partisans de cet homme fort de Grand Ravine dans la soirée du lundi 5 du mois en cours.

Un véritable mouvement de panique a régné au palais de justice de Port-au- Prince. Des agents de sécurité du palais de justice ont failli laisser leur peau ne sachant à quel saint se vouer. Des alliés et des partisans du puissant chef de gang de Grand Ravine, Junior Décimus, plus connu sous le nom de « Tèt Kale », avaient assiégé les locaux de ladite institution au Bicentenaire, le lundi 5 décembre 2016. Aucune arrestation n’a été effectuée. L’information a été confirmée par des agents de sécurité de ladite institution lors d’un entretien avec Le National, le mercredi 7 en cours.

 D’après les témoignages recueillis auprès de certains agents requérant l’anonymat, une foule importante, estimée à quelques centaines de sympathisants, réclamait la libération du présumé bandit. Intransigeants, les protestataires étaient chauffés à blanc. Munis de branches d’arbres et de pancartes, ils clamaient, à cor et à cri, son innocence. Ils ne juraient que par sa libération. Ils voulaient, à tout prix, franchir l’espace du Parquet. « Des agents avaient tenté de les informer que l’homme fort de Grand Ravine ne se trouvait pas en garde à vue au palais de justice. Ils refusaient de les croire, voulant vérifier par eux-mêmes les différents espaces préposés à cet effet ».

Pour calmer leur ardeur, poursuivent ces employés, on a dû user de beaucoup de professionnalisme. Les agents ont en effet facilité aux chefs de file, notamment les alliés de « Tèt Kale », la possibilité de vérifier comme ils le prétendaient. À chaque espace, souligne-t-il, ses proches l’ont appelé par son nom pour confirmer ce qu’on leur avait dit à l’entrée. « J’ai l’impression que la situation aurait pu tourner au vinaigre si on avait tenté d’utiliser les moyens forts. Certains d’entre eux étaient vraisemblablement armés. Et vu l’immensité de la foule, on avait dû privilégier l’arme de la dialectique pour les dissuader en guise de la dialectique des armes », ont-ils expliqué.

Me Jean Danton Léger met la charrue après les bœufs

Me Jean Danton Léger, quelques heures après cet incident survenu au parquet, a lancé une mise en garde, le mardi 6 décembre 2016, tout appelant les fauteurs de trouble au calme, sinon, la justice sévira contre eux. Peu importe leur secteur d’appartenance. Le désordre, souligne- t-il, ne sera pas accepté dans la juridiction comme s’il n’était pas au courant de ce qui s’y était passé la veille.

À la question relative à sa saisine de cette affaire, il s’était montré très prudent quant à son traitement. Pour se démarquer, il a fait remarquer que l’institution se compose de 25 à 26 commissaires. Le dossier, informe-t-il, n’est pas encore soumis à son appréciation. Au cas où on le lui soumettrait, il l’analysera pour savoir s’il s’agit d’un délit. Là, il procédera à la comparution immédiate du prévenu au tribunal correctionnel. S’il s’agit d’un crime, il procédera à la saisine du cabinet d’instruction criminelle. Si le dossier de ce justiciable est irrecevable, il sera classé sans suite. Et le justiciable sera automatiquement relaxé. Peu importe son nom, en minimisant ce que peuvent dire ses détracteurs. La loi, souligne-t-il, étant sa boussole.

Par contre, le commissaire du gouvernement se veut cependant rassurant. Ce, afin d’éviter la réédition de tels événements au Parquet de Port-au-Prince. « Si je m’engage à faire régner l’ordre à travers les rues de la Capitale, ce ne sera pas au parquet que la pagaille règnera. Il n’y a pas de désordre. Je ne veux plus que cela se reproduise », a-t-il fait savoir.

Cependant ce n’est pas la première fois que de tels événements se produisent au palais justice de Port-au-Prince, au Bicentenaire. Des actes qui inquiètent et qui poussent à se questionner sérieusement sur la capacité effective de l’État à protéger les citoyens s’il n’arrive à se protéger lui-même contre les bandits.

Lenational

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