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Le créole recalé au sein de la Caricom

Désormais, la traduction instantanée est officielle dans la CARICOM. Les barrières linguistiques ne tiennent plus puisque chacun des invités de cette conférence aura la possibilité de recevoir la traduction dans sa langue natale. Cette mesure éclipse pourtant la volonté du président de la République, Jovenel Moïse, qui a souhaité imposer le français ou le créole comme l’une des langues de cette structure régionale.

À l’occasion de l’ouverture de la 29e réunion intersessionnelle de la conférence des chefs d’État et de gouvernement à Port-au-Prince, le lundi 26 février, le président de la République d’Haïti, Jovenel Moïse, avait nourri l’idée de faire intégrer les langues officielles d’Haïti dans la Caricom. Ce, en vue de favoriser l’intégration effective du peuple haïtien dans le marché caribéen. Il avait aussi caressé l’idée de voir Haïti jouir définitivement de la libre circulation des personnes et des biens à travers la région.

Les attentes de Jovenel Moïse n’ont pas été comblées. À l’issue d’environ 10 heures de discussion à huis clos, les délégués des différentes nations ayant pris part aux deux journées de partage à Port-au-Prince, les 26 et 27 février, ont délibéré sur plusieurs thèmes constituant la toile de fond des échanges. Contre l’attente du président de la première République noire, le français n’a pas été officialisé encore moins le créole au salon de la Caricom. En ce qui a trait à la liberté de circulation de personnes et de biens, seulement les personnes dotées d’un visa américain, canadien ou Schengen pourront voyager librement, dans l’espace Caricom, à partir du 30 mars prochain.

En attendant la tenue de la prochaine réunion intersessionnelle de la conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Caricom à la Jamaïque les 4, 5 et 6 juillet à venir, les délégués ont pris plusieurs résolutions en vue de renforcer la cohésion et la sécurité au niveau de la communauté. Comme l’avait fait remarquer le président de la réunion, Jovenel Moïse, à l’ouverture de la session, la vulnérabilité de la zone était au coeur des débats. Les émissaires ont réfléchi, entre autres, sur les dispositions à prendre pour pouvoir faire face aux désastres naturels, sur la montée de la criminalité et de la violence dans la région et sur les stratégies à mettre en oeuvre pour combattre le terrorisme.

D’après Jovenel Moïse, qui avait appelé, lors de son discours inaugural, à une politique concertée entre les gouvernements, la solidarité devrait constituer le ciment visant à souder les pays de la région. Il a été aussi décidé dans les discussions réalisées à circuit fermé d’encourager les pays membres à s’organiser afin de pouvoir bénéficier du fonds vert destiné à accroitre la capacité de résilience des sociétés exposées en permanence à la fureur des cyclones dévastateurs.

Membre de cette structure, la République d’Haïti n’a jusqu’ici pas pu s’imposer réellement. Le Chef de l’État haïtien, malgré l’ampleur des difficultés, se fait encore le pari de renverser la donne. Pour ce faire, il a annoncé qu’il est en pourparlers avec les deux branches du Parlement en vue de l’élaboration d’un projet de loi sur la création du Bureau de la normalisation nationale.

Lenational

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