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Le CEP et le MJSP menacent de sévir

Le Conseil électoral provisoire (CEP) et le ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP) menacent de sévir contre des candidats et leurs partisans s’apprêtant à organiser des mouvements de rue. Une menace qui porte l’organisation politique Fanmi Lavalas à dénoncer une violation de la liberté d’expression.

Pas de laisser-aller. Le ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP) a été sans équivoque et lance une mise en garde. Les candidats et leurs partisans sont interdits de manifester dans les rues jusqu’à la publication des résultats officiels par le Conseil électoral provisoire (CEP). Moins de vingt-quatre heures après une réunion spéciale du Conseil supérieur de la police nationale (CSPN) et la publication de cette note, l’ordre a été suivi en l’espace d’un cillement. En témoigne le cas de l’organisation politique Fanmi Lavalas. La manifestation de cette structure a été dispersée par les agents de la Police nationale d’Haïti (PNH), si l’on en croit un des membres du directoire de Fanmi Lavalas, Schiller Louidor, au niveau du centre-ville de Port-au-Prince, le mercredi 23 novembre 2016. Il a fait cette déclaration lors d’une interview accordée au National.

L’ancien candidat au Sénat pour le département de l’Ouest a été formel. Le directoire de l’organisation Fanmi Lavalas avait notifié à la Police nationale d’Haïti (PNH) la tenue de sept journées de manifestation depuis la matinée du mardi 22 novembre 2016. Cette série de protestations, informe M. Louidor, devait débuter le mercredi 23 du mois en cours. En dépit de tout, les forces de l’ordre n’ont pas tardé à disperser la foule dès la première journée. Offusqué, le militant a vivement critiqué la décision du CSPN. M. Louidor dit en relever deux anomalies. D’une part, il s’agit d’une décision anticonstitutionnelle. La Constitution de 29 mars 1987, en son article 28, stipule : « Tout Haïtien a le droit d’exprimer librement ses opinions, en toute matière par la voie qu’il choisit. »

Fort de ce constat, le militant a fait savoir que la charte fondamentale prime le décret électoral. Il a assimilé la note du MJSP à une démarche visant à réprimer les acquis démocratiques du 7 février 1986, fruits d’une longue bataille. Elle s’inscrit dans le cadre de la continuité du coup d’État électoral enclenché les 9 août et 25 octobre 2015. D’autre part, Schiller Louidor a dénoncé une certaine incohérence dans cette décision. Pour soutenir ses déclarations, il a cité un ensemble de stations tentant de diffuser des résultats dans certains bureaux de vote.

 Le CEP temporise le jeu

Si les tensions montent d’un cran quelques heures après la tenue de la présidentielle et des législatives partielles du 20 novembre 2016, il convient toutefois de souligner que le Conseil électoral provisoire (CEP) temporise le jeu. Il appelle la population en général, les partis, groupements politiques et candidats en particulier, au calme et à ne pas céder aux incitations à la violence. Ce, en vue de préserver la sérénité qui avait prévalu lors du déroulement du scrutin. Aussi leur rappelle-t-il les dispositions des articles 123, 197, 197.1 et 226.1 du décret électoral du 2 mars 2016, interdisant et sanctionnant les contrevenants aux articles précités.

Phanord Cabé

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