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La révision du mandat de la Minustah en vue

Le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu) s’apprête à réviser le mandat de la Minustah. Près de treize ans après le débarquement de cette mission, le secrétaire général de cette institution a choisi de dépêcher un émissaire pour évaluer les activités de cette force multinationale durant cette période. Il vient de mettre un terme à sa visite de trois jours dans le pays, le jeudi 9 février 2017.

La bataille des Haïtiens exigeant justice et réparation pour les victimes des actes de viol et des exactions des soldats de la Minustah semble n’être pas perdue. Le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, en est conscient. « Les exactions commises sur la population sont lamentables. C’est une honte. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour que des mesures nécessaires soient prises contre leurs auteurs en vue d’éviter la réédition de tels actes. Cela se fait en amont via des séances de formation et d’aide aux victimes auxquelles nous consacrons beaucoup d’efforts ».

Sur la défensive, le diplomate onusien a fait savoir que sa démarche ne consiste pas à nier la perpétration de ces actes. Au contraire, il exhorte les Haïtiens à ne pas s’inscrire dans une logique réductrice des activités de la Mission à ces actes répréhensibles. Pour lui, la stabilité demeure l’une des grandes priorités de cette force multinationale. Il a profité de l’occasion pour saluer la tenue du second tour du tiers du Sénat, des Collectivités territoriales et locales du 29 janvier dernier. Elles se sont, affirme-t-il, déroulées dans un climat sécuritaire stable. Des incidents ont été enregistrés, mais ils ne sont pas de nature à affecter le processus qui s’était tenu dans une atmosphère globale satisfaisante. Cela est dû à l’aide et à la contribution de la Police nationale d’Haïti (PNH), du Conseil électoral provisoire (CEP) et de la Mission onusienne.

L’État de droit mérite d’être renforcé. Il s’agit, selon M. Ladsous, d’une autre étape fondamentale dans le cadre de la mission onusienne, s’inscrivant dans une série de chantiers. Pour soutenir ses propos, il a fait remarquer que la croissance du pays dépend grandement du fonctionnement des institutions. À cet effet, il croit qu’une telle démarche contribuera à l’établissement d’un climat sécuritaire favorable aux investissements. À son avis, cela sera bénéfique pour le pays vu que les entrepreneurs ne viendront pas investir leur argent dans un espace où ils n’ont même pas la garantie de la sécurité juridique.

Le diplomate s’est targué de l’amélioration des conditions sociopolitiques du pays par rapport aux années précédant le débarquement de la mission dans le pays. Sur le plan sécuritaire, il dit relever de grandes avancées. La sécurité n’est pas parfaite, mais elle a accusé une amélioration considérable. Aujourd’hui, les gangs de Cité Soleil n’opèrent plus à visière levée en terrorisant les membres de la population. À ce titre, il a lancé une mise en garde aux fauteurs de troubles pensant qu’avec l’installation d’un nouveau gouvernement, le recadrage du mandat de la Mission, ils auront la tâche facile pour commettre leur forfait comme bon leur semble. « À toutes ces forces négatives, je voudrais leur dire : n’y comptez pas. Nous sommes bien là. Et nous veillerons à ce que les choses se gèrent comme elles doivent l’être dans l’intérêt public ».

En dépit de sa visite, l’émissaire onusien a fait remarquer que les décisions reviennent au Conseil de sécurité de l’Onu. Il a déjà rencontré ses collègues de la Minustah et les interlocuteurs haïtiens. Ce qui lui permettra de se renseigner sur leur vision au sujet de ladite mission et de son avenir. Le départ de la mission, dit-il, était prévu au 15 avril prochain. C’est pourquoi le secrétaire général, Antonio Manuel de Oliveira Guterres, a choisi de s’enquérir de la situation en vue de formuler des recommandations à l’adresse du Conseil le 15 mars prochain. « La composante militaire de la Minustah devrait, selon toute vraisemblance, s’effacer dans un avenir relativement proche. Nous sommes en train de regarder les modalités ».

Lenational

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