samedi, mars 23, 2019
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La part du budget allouée à l’Éducation est insuffisante, selon des syndicalistes

Le Gouvernement a enfin procédé au dépôt du projet de loi de finances de l’exercice 2018-2019 au Parlement haïtien, le mardi 11 décembre 2018. Dix-neuf milliards neuf cent soixante-quatorze millions neuf cent quatre-vingt-cinq mille six cent quatre-vingt-douze gourdes, soit onze pour cent (11 %) de l’enveloppe budgétaire, sont affectées au ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP). Ce montant ne semble pas satisfaire les attentes de plus d’un, notamment des responsables d’organisations syndicales.

Le ministre de l’Économie et des Finances, Ronald Grey Décembre, a fait le dépôt du projet de loi de finances de l’exercice 2018-2019. Selon le titulaire du ministère chargé de formuler et mettre en application la politique économique et financière de l’État, le secteur social a été priorisé dans l’élaboration de ce budget. Ces documents portant prévision et autorisation des ressources et charges de l’État pour l’exercice fiscal ont été déposés dans les deux branches du Parlement et seront analysés par les membres des commissions concernées. Entre temps, la société civile ne chôme pas ! Divers organismes passent le budget au peigne fin en prêtant attention, particulièrement, au montant alloué à son secteur d’activité.

La CNEH et l’UNNOH fixent leur position

Rose Thérèse Magalie Georges, secrétaire générale de la Confédération nationale des éducatrices et éducateurs d’Haïti (CNEH), crie au scandale ! « Allouer onze pour cent (11 %) du budget de la République au ministère de l’Éducation, c’est très, très, très grave ! Avec tous les problèmes auxquels nous faisons face : des enfants qui ne peuvent pas aller à l’école, problème de l’enseignement supérieur, etc., il faut avoir une nouvelle dynamique de la formation » martèle-t-elle. « Impossible de faire tout ça avec une aussi maigre part d’un budget qui dans sa totalité ne peut pas répondre aux problèmes de l’éducation », poursuit la responsable de l’organisation fondée en avril 1986 et menant des actions de plaidoyer pour l’octroi d’au moins trente pour cent du budget national à l’éducation.

« C’est une action rétrograde, faire passer la part consacrée à l’éducation de dix-sept (17) à onze pour cent (11 %) est un signe probant du manque d’intérêt des responsables étatiques pour l’éducation. Ils ne font pas de l’éducation leur priorité », s’indigne le professeur Josué Mérilien, coordonnateur de l’Union nationale des normaliennes et normaliens haïtiens, également auteur du livre « Haïti, éducation à la citoyenneté : enjeux et perspectives.

L’UEH ne prend pas de position

Joint au téléphone, le vice-recteur aux affaires académiques de l’Université d’État d’Haïti (UEH), le professeur Hérold Toussaint, n’a pas voulu réagir sur les deux milliards de gourdes allouées au plus grand établissement d’enseignement et de recherche du pays. Il a préféré renvoyer la balle dans le camp du recteur qui est demeuré injoignable et n’a pas pu partager avec le public sa lecture de l’attribution à l’UEH de deux milliards deux cent cinquante-trois millions cent quatre-vingt-dix-sept mille soixante et un gourdes.

La Constitution ainsi que les conventions, traités et accords internationaux signés et ratifiés par Haïti font de l’État un détenteur d’obligations envers ses citoyens. Soixante-dix ans après la Déclaration universelle des droits de l’homme, au-delà des discours, la politique budgétaire d’aucun gouvernement ne permet d’attester de la prise de dispositions permettant la jouissance par tous de leurs droits fondamentaux et inaliénables, dont l’éducation. Le faible quota du budget réservé à l’éducation dit long sur les priorités des responsables qui semblent avoir oublié les engagements pris à la conférence internationale de financement du Partenariat mondial pour l’Éducation (PME).

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