Friday, November 24, 2017
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La MOE-UE plaide pour l’établissement d’un Conseil électoral permanent

La Mission d’observation électorale de l’Union européenne (MOE-UE) ainsi que la Mission d’experts électoraux de l’Union européenne ont plaidé en faveur de l’établissement d’un Conseil électoral permanent (CEP) en Haïti, tel que prévu par la Constitution haïtienne, en vue de renforcer la légitimité démocratique et institutionnelle. La MOE-UE a fait la proposition de cette réforme de la législation électorale dans le pays, lors de la présentation, le jeudi 4 mai 2017, de son rapport sur les élections qui se sont tenues dans le pays, entre juillet 2015 et juin 2016.

Elena Valenciano, membre du Parlement européen, estime que « ce pays a besoin d’un système institutionnel électoral solide et permanent. C’est pour cela qu’on parle d’une institutionnalisation permanente du Conseil électoral provisoire. Car, il me semble indispensable d’avoir un Conseil qui travaille à long terme, qui puisse faire les changements qui sont nécessaires pour améliorer le système électoral ».Un système électoral qui ne soit pas contraint à un calendrier plus court, un travail de moyen et de long termes, d’une institution qui devrait demeurer stable dans les différents cycles des moments politiques, dit-elle, avançant que cette recommandation a été formulée au président du CEP, Léopold Berlanger ainsi qu’à quelques conseillers lors d’une réunion de travail autour de la question.

« L’idée c’est d’avoir une institution stable, permanente pour tout ce qui a à voir avec le processus électoral, c’est le cas dans beaucoup de pays, et nous pensons que ce serait très utile pour Haïti », souligne Valenciano du MOE-UE. Elle a noté également que les modalités de délivrance de certificats de décharges pour gestion des deniers publics peuvent en faire un levier politique aux mains du Parlement. Ainsi, croit-elle qu’il faudrait étudier une réforme de cette condition d’éligibilité, en renforçant le contrôle financier de la gestion des comptables et de l’ordonnateur des fonds publics.

Faible taux de participation des femmes

Dès leur premier rapport en 2015, la MOE-UE avait manifesté leur préoccupation majeure pour le taux de participation, car, pour elle, il serait absolument indispensable d’étudier des mesures, pour faire en sorte que ce taux de participation augmente.

De cette participation politique, elle souligne qu’il faut aussi augmenter la participation politique des femmes, non seulement comme un corps électoral, mais aussi comme une personne éligible, parce qu’une démocratie qui ne compte pas sur les femmes est une démocratie incomplète.

« Il faut aussi travailler pour que les femmes soient appelées à participer à tous les niveaux de décisions, et dans les postes électifs. Il faut tenir compte de la réalité des femmes, qui très souvent, sont beaucoup plus difficiles que celle des hommes », renchérit madame Valenciano.

Ainsi, faudrait-il faire un travail plus spécifique et plus ciblé pour obtenir cette augmentation du taux de participation des femmes, a fait savoir Elena Valenciano, évoquant également la pertinence de réformer le système de traitement du contentieux électoral. Il faut absolument assurer que ce contentieux, assure le droit à un recours effectif, auprès d’une instance juridictionnelle, dit-elle.

Une lueur d’espoir pour Haïti

D’après Elena Valenciano, Haïti a devant lui un temps d’espoir et de nouvelles possibilités pour son développement économique et social, et aussi pour la consolidation de son institution démocratique.

La modernisation du pays, la justice sociale, l’amélioration de la vie des familles sont intimement liées à la consolidation du système démocratique, à la défense des droits de l’homme et à la participation politique du peuple d’Haïti.

À travers une méthodologie prouvée dans plusieurs pays du monde, des dizaines d’experts ont travaillé pour apporter la vision de la MOEUE, sur un processus électoral « difficile », et « complexe », avance Elena Valenciano, qui cependant, s’est beaucoup amélioré au fur et à mesure que les autorités ont travaillé sur les éléments du processus.

Elle estime que grâce à cette initiative le pays a connu un haut degré de stabilité politique, conduisant à l’élection du président de la République, complété l’élection pour les deux chambres au Parlement, et réalisé les élections pour les représentants au niveau local.

« C’est le moment d’un grand succès, qui donne beaucoup de possibilités d’option pour construire un pays juste, équitable avec un grand espoir de développement », relève Valenciano, tout en soulignant que c’est un scénario pour faire un grand pas en avant.

La MOE-UE souhaite qu’il y ait une épuration du registre de l’état civil, dans le but de rendre le registre électoral plus fiable. Puisqu’il n’a pas été actualisé de manière systématique depuis sa création en 2005. Il est temps de moderniser le registre et de le rendre plus réel, afin que le registre reflète la réalité haïtienne.

Lenational

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