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La Minustah bientôt remplacée par la Minujusth

Après 13 ans de déploiement en Haïti, la mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) sera très bientôt remplacée par une nouvelle mission dénommée mission des Nations- Unies pour l’appui à la justice en Haïti (Minujusth). La décision a été prise par le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu) au cours de la semaine pascale. En Haïti, des acteurs de différents secteurs dont le bureau des avocats internationaux (BAI) ont dénoncé déjà une manoeuvre de l’ONU pour faire durer cette mission en Haïti sous une autre forme.

En adoptant, à l’unanimité des 15 membres, la résolution 2350 (2017), présentée par les États- Unis, le Conseil de sécurité a décidé que cette nouvelle mission de maintien de la paix sera chargée d’aider le Gouvernement haïtien à renforcer les institutions de l’État de droit, d’appuyer et de développer encore la police nationale, de suivre la situation en matière de droits de l’homme dans le pays. dans le cadre de ce retrait progressif, les troupes péruviennes et uruguayennes ont laissé le pays le samedi 15 avril dernier, selon ce qu’a fait savoir la représentante spéciale du secrétaire général de l’Onu en Haïti, Sandra Honoré lors d’une conférence de presse tenue le lundi 17 avril 2017.

Pour rendre fluide la transition entre la Minustah et la Minujusth, madame Honoré a appelé les autorités haïtiennes à jouer pleinement leur rôle. Arrivée en Haïti, il y a 13 ans, le conseil de sécurité a décidé de faire le retrait de la composante militaire en gardant les policiers qui oeuvront en vue de renforcer l’Etat de droit dans le pays. A date, Sandra Honoré s’est montrée satisfaite du travail réalisé jusque-là par la mission onusienne en Haïti. elle a même estimé que le bilan de la Minustah est positif.

D’ailleurs, dans sa déclaration au Conseil de sécurité, elle a souligné l’opportunité de remodeler le partenariat entre la communauté internationale, les Nations unies et Haïti en vue d’assurer la pérennité des progrès réalisés au cours des 13 années de la mission. Elle recommande déjà le soutien des pays amis d’Haïti dans l’idée d’effectuer cette transition de la Minustah à la nouvelle mission qui sera guidée par un plan de transition conjoint qui sous-tend le transfert progressif des tâches au gouvernement, aux partenaires internationaux et à l’équipe de pays des Nations unies.

Selon des informations diffusées sur le site de l’Onu, la Minustah devra compter jusqu’à sept unités de police constituées, soit 980 personnes, et 295 policiers hors unités constituées, pour une période initiale de six mois allant du 16 octobre 2017 au 15 avril 2018. En agissant en vertu du chapitre VII de la charte des Nations unies, le conseil autorise en outre la Minujusth à protéger les civils menacés de violences physiques imminentes, dans la limite de ses moyens et de ses zones de déploiement.

La composante militaire de la Minustah devra progressivement se retirer du territoire jusqu’au 15 avril, date de la clôture définitive de la mission. Le secrétaire général, Antonio Gutteres, est prié de mener une transition responsable entre les deux missions. Et M. Gutteres est déjà invité à présenter un rapport détaillé qui prévoit une stratégie de sortie sur deux ans bien établis et assortis d’objectifs clairs pour laisser place à une présence des Nations Unies autre qu’une opération de maintien de la paix, dans exactement 30 jours avant l’expiration de la date du mandat de la Minujusth.

Pourtant, ce n’est pas une décision qui a fait l’unanimité au sein de tous les membres du conseil. La fédération de la Russie estime que cette mission n’avait rien de clarté et de réalisme. En s’appuyant sur ses homologues de la Bolivie, Chine, Uruguay et Brésil, la fédération se questionne sur le fait que la nouvelle mission doit veiller au respect des droits de l’homme d’un côté, et de l’autre côté, elle doit agir en vertu du chapitre VII qui prévoit l’usage de la force.

Dans cette disposition, le conseil, tout en saluant la détermination des pays fournisseurs de contingents et d’effectifs de police dans l’exécution des mandats des missions, dans des environnements difficiles, souligne toutefois combien il importe de régler des questions telles que les restrictions nationales non déclarées, l’absence de direction et de commandement efficaces, le refus d’obéir aux ordres, l’inaction face aux attaques perpétrées contre des civils et l’insuffisance des équipements, qui risquent de compromettre l’exécution efficace des mandats.

Par contre, Me Mario Joseph du bureau des avocats internationaux, au meme titre que le président du Sénat, Youri Latortue, ont dénoncé une manoeuvre de l’Onu pour faire pérenniser la Minustah en Haïti en changeant tout simplement son appellation. Me Mario Joseph s’en prend aux autorités qui, après 13 ans de violation des droits des Haïtiens, a signé pour la continuité de cette mission en Haïti. Pour Me Joseph, c’est une force d’occupation qui ne fait autre que défendre les intérêts de la bourgeoisie marchande en Haïti. Ainsi, le défenseur des droits humains compte sur l’appui de la population pour continuer la lutte pour l’obtention du départ définitif de la Minustah. Une institution qui a l’habitude de violer les droits de la personne en Haïti ne peut pas se permettre de proposer au pays de l’aider à défendre les droits humains, a-t-il indiqué.

Lenational

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