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La grève des enseignants de Petit-Goâve se poursuit

Presque toutes les écoles publiques au niveau de la ville de Petit-Goâve sont en grève. Des professeurs observent un arrêt de travail pour des motifs divers. Certains d’entre eux réclament des arriérés de salaire, d’autres exigent leur intégration réelle dans le système. Quant aux élèves, ils occupent le pavé pour forcer le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle à prendre ses responsabilités.

Le système éducatif haïtien fonctionne comme une bombe à retardement. Il est rare, presque impossible que les écoles publiques du pays fonctionnent régulièrement au cours d’une année académique sans endurer des moments de troubles sous l’effet des revendications, que ce soit des élèves insatisfaits du déroulement du cursus scolaire, ou encore des professeurs qui réclament de meilleures conditions de travail.

La majorité des professeurs du Lycée Faustin Soulouque et de l’EFACAP de Petit-Goâve sont en grève depuis le début de l’année 2017. Leur mouvement de protestation commence à gagner en ampleur, en raison du fait que les élèves du Lycée, inquiets par rapport au déroulement de l’année académique, ont décidé de gagner les rues aux heures de cours en vue de pousser les autorités du MENFP à adopter une décision favorable aux élèves.

Comme à l’accoutumée, ils ont à chaque fois bloqué le fonctionnement des institutions privées pour donner plus d’ampleur au mouvement. Mardochée Michel, un professeur du Lycée Faustin Soulouque, a fait savoir qu’avec le support des professeurs grévistes, les élèves avaient décidé de marcher à travers les rues de la nationale No 2 pour faire entendre leurs revendications. Mais, ajoutet- il, la Police nationale d’Haïti (PNH) à chaque fois, a dispersé les manifestants.

Des professeurs de plusieurs autres institutions publiques, dont l’École nationale Nissage David, ont déjà apporté leur appui à ce mouvement en raison du fait que les sujets de préoccupation sont presque les mêmes. Et ce sont toujours ces genres de revendications qui paralysent à chaque fois le fonctionnement du système éducatif en Haïti. « Lettre de nomination, salaires, arriérés de salaire, etc. ».

Les autorités du MENFP étaient au courant que cette situation allait se produire, car le mouvement a été signalé depuis le mois de novembre 2016, selon le professeur Mardochée Michel. Mais ils ont préféré affronter la réalité au lieu de chercher le consensus avant l’éclatement de la bombe. Une délégation dirigée par le directeur adjoint du département de l’Ouest, Pierrin Pierrevil, s’était rendue à Petit-Goâve dans l’idée d’apaiser la situation.

Selon les données fournies par le directeur départemental adjoint, les membres de la délégation ont procédé à l’analyse des dossiers des différents professeurs en situation irrégulière, et un rapport a été acheminé à la direction générale et au bureau du ministre pour les suites nécessaires.

En dépit de la volonté manifestée par le MENFP de résoudre la situation au niveau de Petit-Goâve, ces genres de crises sont loin de disparaitre dans le système haïtien de l’Éducation. Car, elles existent presque dans tous les lycées et écoles nationales du pays. À titre d’exemple, actuellement à Port-au- Prince, les étudiants finissants de l’École normale supérieure sont en train de lutter pour leur intégration dans le système. Ce qui, au cours de la journée du mardi, a occasionné l’arrestation de plus d’une dizaine parmi eux, à l’occasion d’un sit-in organisé par-devant les bureaux du MENFP, à Nazon.

Lenational

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