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La Grand’Anse encore sous le choc

L’arrestation du sénateur élu de la Grand’Anse, Guy Philippe, le jeudi 5 janvier 2017 par la Brigade de lutte contre le trafic de stupéfiants (BLTS) a attisé la frustration des habitants dudit département, notamment ceux de Pestel, fief du sénateur élu, de Duchity, des Roseaux et de Jérémie. Les activités y sont paralysées depuis et l’accessibilité y est difficile.

De Beaumont à Jérémie, et dans quasiment toutes les communes du département de la Grand’Anse, toutes les attentions sont focalisées par la nouvelle de l’arrestation du sénateur élu, Guy Philippe. Une nouvelle qui a étonné toute la population du département, selon les autorités et les citoyens des différentes circonscriptions et communes les plus agitées suite à l’arrestation dont : Duchity, Pestel, Roseaux et Jérémie. Indignés, les manifestants ont investi les rues de la métropole de la Grand’Anse le même jour, déclare un citoyen de la ville, Bélavoir Desrosiers ; et des barricades ont été érigées le long de la route menant à Jérémie et à Pestel ajoute le candidat malheureux aux dernières élections municipales de la commune des Roseaux située à quelques kilomètres avant la ville de Jérémie, Smith Auguste.

Les autorités locales déclarent que des manifestations se font à répétition ; ce, de manière sporadique. Outre les manifestations qui ont eu lieu à Jérémie le jour même de l’arrestation, le jeudi 5 janvier, le citoyen Bélavoir Desrosiers a expliqué que le vendredi 6, des mouvements de protestations ont eu lieu à deux reprises ; cependant, elles ont été dispersées par la police à coup de gaz lacrymogène, contrairement à celle du samedi 7 janvier où tous les manifestants sont repartis paisiblement, a-t-il renchéri. Aussi a-t-il souligné que les manifestants étaient à la poursuite des Américains dans les hôtels et dans les organisations de la place en vue de donner une réponse aux autorités américaines, a expliqué ce citoyen d’un air indigné.

Par ces mouvements, les manifestants réclament la libération du sénateur élu de la Grand’Anse, Guy Philippe. Qualifiant l’arrestation de l’ex-commissaire de la police nationale d’Haïti, d’enlèvement, ils croient que les autorités haïtiennes ne devaient pas attendre que le sénateur remporte les élections sénatoriales avec son certificat délivré par le CEP pour faire ce qu’ils appellent « cette mise en scène politique ».Ils en ont profité pour rappeler que la candidature du leader du consortium avait été agréée par le CEP, selon les dispositifs du décret électoral en vigueur. Aussi condamnent- ils la manière dont les autorités haïtiennes et américaines ont procédé à sa déportation. En outre croient-ils, le gouvernement haïtien doit se ressaisir et bien jouer sa partition dans les démarches visant à libérer le sénateur élu.

Guy Philipe, disent-ils, est leur espoir au Parlement. Celui qui, selon eux, peut défendre la population de la Grand’Anse qu’ils considèrent comme isolée du pays notamment après le passage de l’ouragan Matthew. Pour ces raisons et d’autres, ils demandent sa libération et disent ne pas compter baisser les bras jusqu’à ce qu’ils trouvent satisfaction à leurs revendications.

La situation n’est pas trop différente à Roseaux, Duchity et Pestel. Frustration du côté des manifestants et consternation chez les paisibles citoyens. Le maire assesseur de la commune des Roseaux, Auguste Jeanty Brière, considère l’arrestation du sénateur élu comme un coup dur pour la population de la Grand’Anse en général et celle de la circonscription de Pestel et de Duchity ainsi que de la commune des Roseaux en particulier. Le maire principal de la commune des Roseaux, Olin Jean Richard, à son tour, explique les difficultés qu’il a rencontrées pour rentrer dans sa commune, étant ailleurs au moment où l’arrestation a eu lieu. Il précise que la route était bloquée à plusieurs niveaux dont : carrefour Zaboka, Duchity et Beaumont. Des barricades de pierres et de pneus enflammés étaient érigées çà et là, témoigne-t-il. Le maire condamne, lui aussi, cette forme d’arrestation et annonce que le mouvement va tenir jusqu’à ce que le sénateur élu, Guy Philippe, retrouve sa liberté après son audition prochaine.

Il faut souligner que le samedi 7 janvier 2017, les villes de Jérémie et de Pestel s’étaient réveillées dans le calme. Toutefois, vers 11 heures du matin, une autre manifestation a été déclenchée à Jérémie. Alors que la commune de Pestel, durant toute la journée du samedi était plongée dans un calme précaire. Carrefour Zaboka était plus ou moins accessible, mais des individus ont barricadé la route menant à carrefour Marinette. Ce qui a causé du tort aux usagers de la route voulant se rendre à Jérémie ou aux Cayes jusqu’à ce que la police et la Minustah interviennent.

La police, renforcée par des agents du CIMO et des soldats de la Minustah sont aux aguets. Les commissariats sont placés sous haute surveillance, notamment ceux de Beaumont et de la commune des Roseaux. Aussi des patrouilles sillonnent les zones les plus agitées ; question d’établir un climat de sécurité et d’éviter que le bilan s’alourdisse, car les autorités font déjà état d’un cas d’incendie et de plusieurs tentatives d’incendie à Duchity et à Jérémie. Deux personnes seraient blessées dont une avec armes blanches selon les autorités locales.

Le dimanche 8 janvier 2017, la tendance était plus ou moins au calme à Roseaux et à Jérémie, a rapporté le maire principal de la commune des Roseaux, Olin Jean Richard, qui toutefois souligne que des renforts de la police et de la Minustah continuent d’arriver dans le département.

 

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