Monday, December 11, 2017
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Jovenel Moïse supprime les avantages accordés aux anciens présidents provisoires

Le gouvernement Moïse/ Lafontant semble déterminer à assainir l’administration publique. Il s’engage vraisemblablement à appliquer une politique d’austérité. À cet effet, il s’apprête à supprimer les avantages et privilèges accordés aux anciens présidents provisoires de la République via un projet de loi. Cette décision fait suite à une rencontre tenue en Conseil des ministres.

Désormais, les anciens présidents provisoires de la République n’ayant pas été élus au suffrage universel ne vont recevoir pas un sou de l’État. Le gouvernement Moïse/Lafontant s’apprête à réviser le décret présidentiel du 23 septembre 2015. Question de supprimer les avantages et privilèges prévus par ledit document. Un acte qui viserait, par ricochet, des anciens chefs d’État comme, Ertha Pascal Trouillot, Prosper Avril, Alexandre Boniface et Jocelerme Privert. D’après le secrétaire général du Conseil des ministres, Reynald Libérus, le pays ne dispose pas suffisamment de ressources financières lui permettant de répondre aux desiderata de la population. Et, l’État ne peut pas se permettre d’engager des dépenses inutiles et d’oublier les milliers de personnes vivant dans des zones reculées du pays. Cette disposition a été adoptée en conseil des ministres tenu le mercredi 12 juillet 2017 selon l’alinéa 3 du communiqué de presse du Secrétariat général dudit conseil.

La prudence est de mise. M. Libérus croit que le pays doit s’arc-bouter sur des questions de principe et non de vaines discussions. L’accession à la présidence provisoire est reconnue par la Constitution. Cette situation, fait-il remarquer, doit être une exception à la règle qui est l’organisation de compétitions électorales à intervalle régulier selon les prescrits de ladite charte. À son avis, les anciens chefs d’État provisoires ont servi le pays. Et ils ont bénéficié d’un émolument en contrepartie. Il s’est toutefois gardé de se perdre dans des commentaires futiles compte tenu de la complexité de ce dossier. Il a conseillé au National de contacter le secrétaire général du Palais national pouvant fournir de plus amples informations y relatives. Sinon, il n’y peut rien.

Le secrétaire général du Palais, Yves Germain Joseph, sur la défensive, n’a pas pu commenter la décision dont il vient à peine d’en prendre connaissance. Il a été incisif. Il n’est pas autorisé à intervenir dans les dossiers relatifs au Conseil des ministres.

Pour s’enquérir des motifs de cette décision, Le National a tenté de contacter l’ancien président provisoire Jocelerme Privert. Il dit ne pas souhaiter réagir sur ce dossier pour l’instant. L’heure est au calme. Il est probable qu’il le fasse au moment opportun en suivant l’évolution de la situation.

Une polémique sous-tend cette décision. Le pays a connu trois présidents élus au suffrage universel depuis la promulgation de la Constitution du 29 mars 1987. Il s’agit de Jean Bertrand Aristide, René Préval (décédé le 3 mars 2017) et Michel Joseph Martelly. Le nombre d’anciens présidents provisoires excède largement celui d’anciens chefs d’État élus. Il s’agit de Prosper Avril, Ertha Pascale Trouillot, Boniface Alexandre et Jocelerme Privert.

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