Saturday, September 23, 2017
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Journée de la diaspora: une célébration sur fond d’urgence

La ministre des Haïtiens vivant à l’étranger, Stéphanie Auguste, a tenu, le mardi 18 avril 2017, dans les locaux de la Primature, une conférence de presse autour des activités commémoratives de la 7e édition de la journée nationale de la diaspora qui se déroulera autour du thème « plaidoyer pour une meilleure intégration de la diaspora haïtienne ». Les 19, 20 et 21 avril sont les trois journées retenues pour le partage d’expériences entre les compatriotes de la diaspora.

Le Centre de convention de la Banque de la République d’Haïti et l’hôtel Karibe convention center accueilleront les activités, selon les précisions de la ministre. Le cocktail de lancement aura lieu à l’Hôtel Karibe. Puis, au Centre de convention de la BRH, une messe oecuménique sera chantée en l’honneur de la Diaspora suivie d’un forum de la Diaspora, le jeudi 20 avril 2017. Le vendredi 21 avril 2017, dans la matinée, une visite du village de la diaspora sera conduite par la ministre du Mhave. Une soirée artistique et culturelle mettra fin aux festivités.

Alors que le Mhave se prépare à célébrer la journée de la diaspora en Haïti, il y a urgence pour les ressortissants haïtiens qui sont en difficulté. Les vrais problèmes que confrontent les communautés haïtiennes éparpillées dans plusieurs pays de la planète ne sont pas encore résolus. Depuis l’administration Martelly, les gouvernements se sont succédé, les problèmes de la migration ont été à chaque fois soulevés par l’ensemble des organisations de défenses des droits humains, les gouvernements ont tous fait de belles promesses, mais les vrais problèmes migratoires restent et demeurent jusqu’à date.

À l’heure actuelle, près de 60 000 ressortissants haïtiens vivant aux États- Unis sont menacés de déportation. Ces Haïtiens bénéficiaires du Statut de Protection Temporaire (TPS) sous l’administration de l’ancien président américain Barack Obama, et qui expire le 22 juillet 2017, craignent que la nouvelle administration du président Donald Trump ne renouvelle pas le TPS. Ils sont de plus en plus inquiets. Car, cette réalité les mettrait en situation de déportation vers Haïti.

Au cours d’une conférence de presse à tenue Little Haïti par une douzaine de groupes communautaires, des migrants haïtiens ont demandé à l’administration Trump de prolonger le programme du TPS. Marleine Bastien, directrice exécutive de l’Organisation des femmes haïtiennes de Miami, qui intervenait en la circonstance, a estimé que déporter 58 000 personnes vers Haïti risque d’empirer la situation du pays qui traverse actuellement un moment très difficile. La militante dit souhaiter une prolongation de 18 mois de plus de ce programme.

Par ailleurs, 239 000 Haïtiens en République Dominicaine sont également menacés de déportation d’ici ce même mois de juillet. Ces Haïtiens qui ont eu la chance de se faire inscrire au programme national de régularisation des étrangers (PNRE) de la République Dominicaine, mis sur pied après la décision de l’arrêt 168-1 de la Cour constitutionnelle dominicaine, sont jusqu’à ce jour en attente des documents d’identités dans le cadre du Programme d’identification des immigrants haïtiens (Pidih) lancé en 2014 par le ministre des Haïtiens vivant à l’étranger d’alors, François Guillaume II.

Par contre, ce programme a été un échec cuisant. Deux millions de dollars ont été dépensés. Les ministres ont été changés. Mais le gouvernement haïtien n’arrivait jamais à délivrer des pièces d’identité aux compatriotes qui vivent sans papiers en République Dominicaine. Et l’ambassade d’Haïti en République Dominicaine a dû inventer des solutions afin de soulager les Haïtiens en difficultés. Moins de trois mille parmi les quarante-huit mille ressortissants haïtiens inscrits au programme ont pu recevoir ces trois pièces d’identité, à savoir passeport, acte de naissance, carte d’identification nationale, que leur a promises l’État haïtien, alors que le programme a été conçu pour documenter plusieurs milliers de migrants.

On se le rappelle, le Pidih avait occasionné le rappel de l’ambassadeur haïtien en République Dominicaine, Daniel Supplice, parce qu’il a eu le courage de constater l’échec du programme. L’ambassadeur avait même expliqué que c’est l’échec du Pidih qui a condamné les milliers d’Haïtiens qui n’avaient pas eu la chance de se faire inscrire au PNRE. Et c’était grâce à son intervention auprès du ministre à la présidence, Gustavo Montalvo, que 30 000 Haïtiens de plus avaient eu la chance de se faire inscrire avant la date de fermeture des inscriptions aux PNRE.

Lenational

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