Wednesday, July 26, 2017
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Jocelerme Privert et le Nonce apostolique se contredisent

À l’occasion de la présentation des voeux traditionnels de fin d’année, le président provisoire de la République, Jocelerme Privert, a rencontré le Corps diplomatique. Dans les prises de paroles, le chef de l’État et le Nonce apostolique ne s’accordent pas sur la situation socioéconomique du pays. La rencontre s’est tenue au Palais national, le lundi 19 décembre 2016.

Dans son intervention de circonstance, le Nonce apostolique, Eugène Martin Nugent, a présenté un tableau sombre de la situation socio-économique. Le constat est alarmant. Il en veut, entre autres, à la violation des droits de l’homme en évoquant le rapport de l’expert indépendant des droits humains des Nations Unies en Haïti, Gustavo Gallón. À ce titre, il a cité l’incapacité des Haïtiens à avoir l’accès à l’eau potable et le manque d’efforts visant à réduire le taux d’analphabétisme dans le pays. À son avis, cette année, le pays a fait une expérience sans précédent par rapport à la détérioration des conditions socio-économiques. Se voulant optimiste, le prélat dit souhaiter que des efforts se multiplient pour améliorer progressivement la qualité de vie de la population via la collaboration des autorités haïtiennes avec ses partenaires internationaux. « L’année 2017 s’annonce celle d’énormes défis, mais aussi celle de grandes opportunités », a-t-il conclu. Jocelerme Privert répond au Nonce apostolique Au moment de prendre la parole, d’emblée, le président Jocelerme Privert a fait remarquer que l’année 2016 a été marquée d’événements, les uns plus exaltants que les autres. Les premiers, tendant jusqu’à la jubilation et les autres dramatiques allant jusqu’au désespoir. Ni les uns ni les autres, souligne-t-il, ne nous ont épargné des émotions et des transes en exacte proportion de notre foi en l’avenir et de notre désir commun d’instaurer la stabilité dans notre pays et d’assurer le bienêtre de nos concitoyens. À ce titre, le président de la République a fait remarquer que le gouvernement a été confronté à un ensemble d’adversités permettant d’arriver à la relance du processus électoral initié depuis en 2015.

À en croire le chef de l’État, cette situation paraissait encore plus difficile quant à la décision des partenaires habituels du pays de ne pas financer la suite de ces compétitions. Quand les habituels partenaires du financement électoral, affirme-t-il, ont annoncé leur abstention à soutenir la poursuite du processus électoral, il a indiqué avoir, à l’unisson, pris la courageuse décision de puiser dans les maigres ressources du trésor public pour payer les élections de la nation. Pour lui, il s’agissait d’un sacrifice supplémentaire et énorme imposé au peuple haïtien. Celuici, affirme-t-il, avait acquiescé aux offres spontanées de contribution patriotique, fusant de toutes parts et de toutes les catégories sociales à manifester une inébranlable volonté d’appropriation d’attribut de la souveraineté nationale.

Dans cette veine, poursuit Jocelerme Privert, une politique d’austérité a été appliquée. Des projets d’apaisement social ont été écartés. Il en a été de même pour des projets de développement et d’infrastructure. Il a cependant fait remarquer que la décision valait la peine au plus haut sommet de l’État en vue de faire de ce chantier la principale et l’unique priorité. Ainsi, le trésor public est parvenu à décaisser, à date, environ 40 millions de dollars américains pour la conduite du processus électoral.

La dépréciation de la gourde

Quant à la dépréciation de la gourde, Jocelerme Privert tente de se dédouaner. À l’arrivée de cette équipe gouvernementale, la situation financière du pays, fait-il remarquer, n’était pas des plus rassurantes. À son avis, elle était caractérisée par de faibles performances macro-économiques et une gestion des finances publiques qu’il qualifie de désastreuse. Elle pouvait se résumer sur le couple des éléments principaux suivants : « la monnaie nationale, en mars 2016, avait déjà franchi la barre de 64.50 gourdes pour un dollar américain versus la faible capacité d’une économie basée uniquement sur les importations ». Cependant, il faut préciser qu’à l’arrivée au pouvoir, le 7 février 2016, le taux de la BRH affichait 60.28 gourdes pour 1 dollar.

Outre cette considération, le président de la République a fait savoir que le pays avait des dettes énormes envers le PDVSA (Petróleos de Venezuela S.A). À ce titre, il a expliqué que les factures pétrolières de juillet 2015 à janvier 2016 étaient impayées. De plus, poursuit M. Privert, les dettes de l’État s’amoncelaient envers ses fournisseurs pour des projets, des acquisitions et des travaux d’infrastructures. À cela s’ajoutaient des salaires impayés dans tous les ministères et dans toutes les institutions publiques. Sans omettre la non-réalisation de la campagne agricole d’hiver ayant échappé à l’attention du gouvernement englué dans la gestion de la crise postélectorale de 2015.

Le gouvernement du Premier ministre Enex Jean-Charles a été privé du soutien financier de la communauté internationale, durant la période allant de février à septembre 2016 informe le chef de l’État ; l’actuelle équipe n’était pas parvenue à bénéficier de l’assistance financière des partenaires internationaux du pays. Et cela, en dépit de l’évidence de cette crise alimentaire à laquelle sont confrontés environ 3.5 millions de compatriotes. Le gouvernement avait choisi alors d’emprunter la voie du sacrifice et de l’austérité par le biais d’un système de « cash/management » au niveau du ministère de l’Économie et des Finances (MEF). Dans ces conditions désastreuses, l’inflation de la période qui culmine à 12,5 % n’est pas trop éloignée de la moyenne des 12 dernières années où elle était de 9,5 %.

L’investissement privé a bénéficié d’un environnement plus ou moins stable. Le pays a connu une certaine compétitivité. À ce titre informe l’ancien sénateur, près de 10 000 emplois sont en passe d’être créés. Et on en prévoit 40 000 pour l’année 2018 à la Société nationale des parcs industriels (Sonapi), au Parc Caracol et à Codevi.

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