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Jerry Tardieu se retire de la Plateforme VERITE

Un vent de division souffle au niveau de la classe politique du pays. La décision du président de la République de décaisser le fonds alloué au financement des partis politiques semble être inopportune, tenant compte des différentes revendications sociales.

Il s’agit d’un coup politique pour d’autres et d’égard à la conjoncture politique. À cet effet, elle vient d’occasionner une véritable scission au sein d’autres partis comme c’est le cas de la Plateforme VERITE. La décision du directoire de recevoir le financement a provoqué la grogne d’autres membres. Dépassés, ces derniers vont jusqu’à rendre leur tablier. C’est le cas du sénateur Antonio Chéramy et le député Jerry Tardieu. L’information a été confirmée par le député de Pétion-ville joint au téléphone par le National le mercredi 24 janvier 2018.

Offusqué, l’élu de Pétion-ville a fait savoir que des membres influents du directoire ont passé outre des principes régissant le fonctionnement du parti. Ils ont unilatéralement décidé de recevoir ces fonds. Tandis que ce dossier, fustige-t-il, devrait être l’objet de débat en vue d’adopter une position commune et défendre une position de principe.

Dans cette même lignée, le député Jerry Tardieu dit toujours insister sur l’importance que le support aux partis politiques se fasse dans le cadre d’un projet global transparent et ambitieux devant favoriser l’organisation des forces politiques en quatre ou cinq grandes tendances réunies par affinité idéologique, ceci pour éviter le spectacle calamiteux qu’infligent régulièrement les joutes électorales avec une kyrielle de candidats tant aux législatives, aux municipales qu’aux présidentielles.

De plus, dit-il, il est de notoriété publique qu’une majorité de partis politiques sont aujourd’hui gérés selon des normes souvent opaques et comptent très peu de membres actifs. “Plusieurs de ces partis n’ont même pas d’adresses officielles connues ni de siège social. Cette décision gouvernementale a été prise à la hâte sans que des garde-fous nécessaires soient adoptés pour éviter que ces fonds n’aillent remplir les poches de quelques dirigeants de partis alors qu’ils visaient a renforcer les structures politiques. La consolidation des partis politiques est un enjeu capital pour l’avenir de la démocratie et nécessite une approche beaucoup plus efficace et réaliste. “ a fait savoir le député de Pétion-ville.

Plus loin, Jerry Tardieu dit croire que les fonds alloués au financement des partis sont excessifs au regard des priorités de la population et d’un pays qui manquent de tout. Attirés par cette nouvelle manne d’état, d’autres partis vont s’inscrire et réclamer leur part du gâteau favorisant ainsi une spirale infernale qui engendrera une multiplication des partis politiques ayant pour corollaire obligé un affaiblissement progressif de la vitalité démocratique, a précisé l’homme de Pétion-ville qui dit se retirer de la plateforme VERITE et qu’une lettre sera adressée aux responsables dudit parti à cet effet.

Au même titre que Jerry Tardieu, d’autres personnalités et/ou mouvements politiques se sont montrés très critiques par rapport à cette question de financement. C’est le cas de Fanmi Lavalas et Pitit Dessalines. Pour Schiller Louidor, membre du directoire de Fanmi Lavalas, cet argent s’inscrit dans le cadre d’une logique de corruption. Il s’agit à son avis d’une manoeuvre visant à casser la mobilisation étendant ses tentacules et protestant contre la détérioration du climat socioéconomique du pays.

M. Louidor croit que le président de la République doit plutôt investir cet argent dans les zones défavorisées, à travers des programmes d’apaisement social. Ce qui permettrait aux couches vulnérables de ces quartiers de subvenir à leurs besoins fondamentaux et faire face à la situation d’inflation vertigineuse du pays.

C’est pratiquement le même cas de figure avec la Plateforme Pitit Dessalines. Le secrétaire général de cette formation politique, Jean Charles Moïse, a été formel. Il s’agirait d’une incohérence grave de recevoir de l’argent issu du budget qu’il qualifie de criminel depuis sa publication par l’équipe gouvernementale, alors qu’il se trouve dans les rues pour réclamer sa démission du pouvoir.

À la question de savoir si la démarche du président de la République participe d’une manoeuvre politicienne visant à casser les mouvements de protestation, le sénateur Youri Latortue a e été incisif. La décision du chef de l’État n’a rien à voir avec ces propos. En tant que garant de la bonne marche des institutions, le premier mandataire de la nation ne fait que remplir une mission conférée par la Constitution.

À ce titre, il a brandi la loi sur le financement et l’institutionnalisation des partis politiques datée du 16 janvier 2014.

Lenational

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