mercredi, décembre 19, 2018
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Jack Guy Lafontant sort de son mutisme

Longtemps caché dans l’ombre du président de la République, le Premier ministre, Jack Guy Lafontant, semble briser son silence pour communiquer au même titre que le chef de l’État autour du programme de son gouvernement. Ainsi, dans le cadre des lundis de la presse, le ministère de la Communication a-t-il reçu, le lundi 23 octobre, Jack Guy Lafontant qui s’est entretenu avec la presse sur les grandes lignes de la politique de son gouvernement. Une séance d’interaction qui s’est terminée de manière décevante en raison du fait que la parole a été accordée à certains journalistes au détriment d’autres qui, pourtant, avaient sollicité la parole bien avant.

L’éducation, l’électricité, eau potable, agriculture, infrastructures routières, les forces armées, lutte contre la contrebande et la corruption sont, entre autres, les dossiers qui ont été abordés par le Premier ministre au moment de son entretien avec les journalistes. Comme cela a toujours été le cas, c’est à peu près le même discours bourré de promesses, sans préciser les voies et moyens pouvant aider à atteindre les objectifs fixés, qui a été prononcé par le Premier ministre haïtien pour le compte de la 20sortie de l’émission les lundis de la presse.

Le chef du gouvernement a promis de pencher sur le cas des 4 000 professeurs travaillant sans rémunération dans le système éducatif. Une fois de plus, la promesse de l’électricité 24 h/24 sur tout le territoire national a été reprise par le Premier ministre. L’État, indique le Premier ministre, s’est décidé à épauler les efforts de la population en vue de favoriser l’accès à l’eau potable. Jack Guy Lafontant a, par ailleurs, félicité son équipe qui, dit-il, a réalisé un travail impeccable au niveau du département de l’Artibonite avec moins de 4 millions de dollars alors que ces mêmes travaux ont, dans le passé, coûté à l’État haïtien plus de 60 millions de dollars.

Le Premier ministre fait de la lutte contre la contrebande et la corruption une de ces priorités. Il invite déjà les contrebandiers à changer de métier. Car, martèle-t-il, le gouvernement a pris son temps pour comprendre le phénomène de la contrebande afin d’adopter des mesures coercitives en ce sens. En ce qui concerne la lutte contre la corruption, le Premier ministre informe que l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) a déjà reçu des instructions de manière à sévir contre les personnes ou institutions qui baignent dans la corruption.

Trois grandes villes frontalières du pays vont être réaménagées afin d’envoyer un signal positif à l’extérieur. Il s’agit de Ouanaminthe, Belladère et Anse-à-Pitre. Ces villes qui sont considérées comme la porte d’entrée d’Haïti vont être transformées en des villes modernes, selon les assurances du Premier ministre. Concernant la remobilisation des forces armées d’Haïti (FAD’H), aucune assurance pour un premier déploiement le 18 novembre prochain n’a été donnée. Mais en appuyant sur les prescrits de la Constitution, le Dr Jack Guy Lafontant a fait savoir que la loi mère du pays reconnait deux forces au sein du territoire. Par conséquent, fait-il savoir, il est nécessaire de remobiliser la deuxième tout en la donnant une autre mission et une autre orientation.

La presse, gardien de la démocratie

Dans ses propos, le Premier ministre a aussi mis l’accent sur la nécessité d’accorder une place importante à la presse. Car, dit-il, sans l’aide de la presse le développement dans un pays se révèle un peu difficile, voire impossible. Et selon le ministre, ce secteur est considéré comme étant le gardien de la démocratie en Haïti. Le chef du gouvernement a ainsi promis d’accentuer sa vision et sa politique sur l’amélioration des relations de son gouvernement avec la presse.

Pourtant, plusieurs des travailleurs de cette presse dont parle le PM sont sortis insatisfaits du déroulement de cette conférence, notamment de la phase question/réponse. Plusieurs journalistes ont voulu attirer l’attention du Premier ministre sur les grands dossiers de l’actualité, mais, Paul Villefranche, l’un des employés du ministère qui jouait le rôle de modérateur leur a tout bonnement refusé l’accès.

Cette situation a soulevé l’indignation chez la majorité des journalistes qui estiment que Paul Villefranche a fait ce choix de manière consciente. Des médias qui supportent ouvertement le gouvernement ont été effectivement priorisés sur d’autres. Et les véritables questions concernant les dossiers de corruption, de la paralysie de l’appareil judiciaire et du malaise au sein du gouvernement, ont été écartées au profit d’autres questions qui, de l’avis de certains journalistes, sont des questions préméditées, planifiées entre ces journalistes et l’équipe du ministère dans l’idée d’éviter de mettre le Premier ministre dans son petit soulier.

Lenational

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