Monday, September 25, 2017
Home > Actualités > Jack Guy Lafontant en quête de sa majorité

Jack Guy Lafontant en quête de sa majorité

Jack Guy Lafontant, une semaine après sa nomination comme Premier ministre, semble chercher encore à construire sa majorité au niveau du Parlement. Rien de concret n’est encore arrêté sur le sort du Premier ministre nommé, si l’on se fie aux propos de certains parlementaires. S’il est vrai que Jack Guy Lafontant s’est entretenu avec certains parlementaires en aparté, aucune rencontre n’est encore tenue avec les blocs politiques au niveau des deux branches du Parlement, selon des responsables de blocs à la chambre des députés ainsi qu’au Sénat de la République.

Ce mardi 7 mars 2017 fait exactement un mois depuis que les rênes de la République ont été confiées à Jovenel Moïse comme chef de l’État. Un mois après sa prise de fonction, le président de la République peine encore à constituer le gouvernement pour faire atterrir sa vision ainsi que son programme politique. S’il est vrai qu’il a déjà choisi son Premier ministre, le destin de ce dernier confié au parlement n’est pas encore fixé. Jack Guy Lafontant, avant de pouvoir franchir les portes de la Primature doit s’assurer d’abord d’une majorité de 16 sénateurs et de 60 députés pour ratifier sa déclaration de politique générale. Cette majorité, semble-t-il, n’est pas encore garantie à bien comprendre le comportement des acteurs, notamment ceux du bicentenaire.

Dans cette perspective, le Premier ministre dans sa quête de la majorité s’est entretenu avec des parlementaires de différentes tendances politiques. Selon le vice-président du bloc GPEP (Groupe parlementaire à l’écoute du peuple), le député de Pignon, Peter Castin Constantin, le Premier ministre nommé a déjà contacté plusieurs membres de son bloc politique, mais ne s’est pas encore entretenu avec le bloc. Après une rencontre tenue au sein de ce bloc politique dans la soirée du dimanche 5 mars, une rencontre devrait avoir lieu avec le Premier ministre au cours de cette semaine avec le bloc GPEP pour voir comment il (GPEP) peut accompagner le PM nommé.

Le GPEP étant minoritaire, Peter Castin Constantin qui s’est montré favorable au Premier ministre nommé, suggère au chef de l’État ainsi qu’à monsieur Lafontant de s’assurer d’une majorité pour faire passer sa politique générale. À présent, dit-il, c’est le bloc APH, composé d’alliés du président de la République qui mène la danse à la Chambre des députés comme bloc majoritaire. Parlant d’APH, ce bloc majoritaire qui était en retraite la semaine écoulée ne s’est pas encore clairement prononcé sur le sort du Premier ministre, laissant ainsi planer une ombre de doute sur le destin de Jack Guy Lafontant.

De son côté, le député de Grand- Goâve, Jean Marcel Lumérant du bloc GPI (Groupe des parlementaires indépendants) a fait savoir qu’au niveau de son bloc aucune rencontre formelle n’est encore tenue sur le choix du Premier ministre. Son bloc n’est pas encore non plus touché d’une quelconque invitation de rencontre de la part du Premier ministre. Toutefois, des proches du PM ont contacté des députés du GPI de façon séparée. Ce qui, à son avis, représente une très mauvaise stratégie. « Nous pensons que le Premier ministre ne fait pas le franc jeu en cherchant à contacter les députés en aparté au lieu de s’asseoir avec les blocs », a fait remarquer l’homme de Grand-Goâve, précisant que son bloc votera dans le même sens, quelle que soit la décision à prendre. Il est maintenant trop tôt, dit-il, pour savoir comment le GPI va voter, mais il n’écarte pas la possibilité de voter en faveur du PM s’il remplit les conditions constitutionnelles, légales et politiques.

Au niveau du Sénat où le Premier ministre a déjà fait le dépôt de ses pièces, la réalité est censée pareille. Les sénateurs se montrent prudents encore sur le choix du Premier ministre. Même ceux et celle issus du PHTK parlent avec la langue de bois. La sénatrice du Nord, Dieudonne Luma Étienne, élue du PHTK, croit que l’heure est au dialogue puis qu’il faut doter le pays d’un gouvernement pour adresser les multiples problèmes auxquels est confrontée la République. En ce sens, elle pense qu’il faut chercher à débloquer la situation au moyen des discussions.

Au même titre que les blocs minoritaires de la Chambre des députés, le Premier ministre ne s’est pas encore entretenu avec le groupe APRIS (Alliance pour le renforcement institutionnel et la stabilité), selon le sénateur Dieupie Cherubin. Mais, dit-il, les discussions vont avancer quand même. Le groupe APRIS n’est pas une force de blocage. « Nous sommes pour la stabilité et le renfoncement institutionnel », a lancé le sénateur du Sud-Est à la question de savoir si son groupe est favorable ou pas au Premier ministre nommé.

Un autre sénateur, grand supporteur de Jovenel Moïse, qui s’est entretenu avec le journal sous le couvert de l’anonymat laisse croire que les choses s’arrangent pour le PM au Sénat. La majorité est déjà dégagée. Il ne reste qu’à partager les responsabilités. Il dit croire également que le PM passera le cap de la Chambre des députés tout en reconnaissant que les négociations seront plus longues avec les élus du peuple que le Sénat.

Lenational

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *