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Haïti solidaire du Venezuela

Depuis quelques semaines, les autorités vénézuéliennes sont dans le viseur du secrétaire général de l’Organisation des États américains, Luis Almagro. Selon un rapport soumis à l’attention du conseil permanent, le secrétaire général de l’organisation hémisphérique a plaidé en faveur de la suspension du Venezuela au sein de l’organisation des États américains au cas où le gouvernement du président Nicolas Maduro ne convoquerait pas des élections générales dans un délai ne dépassant pas 30 jours.

Au cours d’une réunion extraordinaire tenue ce mardi 28 mars 2017, sur « la situation du Venezuela », Haïti s’est montrée solidaire de la République bolivarienne contrairement à l’appel lancé par le sénateur américain, Marco Rubio, demandant qu’Haïti se range du côté des États-Unis qui sont favorables aux sanctions contre le Venezuela.

Le représentant permanent d’Haïti au sein de l’Organisation des États américains, Jean Victor Harvel Jean Baptiste, au cours des débats, a pris position contre toute idée de sanction contre la République soeur du Venezuela. « Haïti s’oppose à toute idée d’un coup d’État maquillé contre le Venezuela », a fait valoir le représentant d’Haïti qui avait, un peu plutôt, même voté le projet d’ordre du jour qui visait à mettre en débat la situation du Venezuela. L’ambassadeur Jean Baptiste qui dit croire que les sanctions sont loin d’être la solution, a plutôt prôné pour le dialogue franc entre tous les acteurs vénézuéliens sans interférence d’une quelconque main étrangère.

En réaction au rapport soumis par le secrétaire général Luiz Almago, il y a deux semaines, sur la situation du Venezuela, le représentant d’Haïti a estimé que monsieur Almago a outrepassé ses prérogatives en agissant de la sorte. « . Avec de telles recommandations, le secrétaire général n’a pas seulement outrepassé ses prérogatives, il a aussi voué un mépris inadmissible aux principes fondamentaux consacrés dans la Charte de l’Organisation. En effet, devonsnous rappeler que selon l’article premier de la Charte de l’OEA, “aucune disposition ne l’autorise à intervenir dans des questions relevant de la juridiction interne des États membres.” De même, selon l’article 2 et 3 de la charte, l’OEA se donne pour principes d’“encourager et consolider la démocratie représentative dans le respect du principe de non-intervention ainsi que le respect, de la souveraineté et de l’indépendance des États. », a souligné M. Jean- Baptiste dans son plaidoyer.

Plus loin, a-t-il enchainé pour exprimer sa désolation devant le comportement du secrétaire général de l’OEA : « Dans ces conditions, nous sommes absolument consternés devant le fait que le secrétaire général de l’OEA puisse seulement songer à appeler à la convocation d’élections générales sans délai et à tous les niveaux, dans un État membre de l’Organisation, ayant un président en fonction dont le mandat court jusqu’à 2019. Monsieur le Président, le moment est grave. Il dépasse de loin la question du Venezuela. Les agissements du Secrétaire général fragilisent notre Organisation. Ses actes ne nous rassurent pas du tout pour ce qui concerne la paix et la stabilité dans la région », a précisé Jean Victor Harvel Jean Baptiste qui a été chargé d’exprimer la position d’Haïti.

Pour lui, seul le dialogue, la recherche du compromis, la médiation non partisane et sans ingérence peuvent protéger et promouvoir la démocratie dans la région. Il a également fait remarquer à l’attention de l’assemblée, dans sa requête que « si nous laissons le secrétaire général, comme il le fait, s’immiscer sans réserve dans les affaires internes d’un pays au détriment du principe du respect de la souveraineté des États, bientôt Haïti et d’autres pays de la région seront eux aussi victimes de cette même dérive de l’Organisation ».

La rencontre a eu lieu sans qu’aucune décision n’ait été arrêtée. À côté d’Haïti, le Venezuela semble pouvoir compter sur le support de bien d’autres pays de la région pour renverser la vapeur en dépit de cette demande assimilable à une menace même du sénateur américain Marco Rubio à des États comme Haïti, la République dominicaine, le Nicaragua et autres. Mais, selon les propos de l’ambassadeur Jean-Baptiste, Haïti semble avoir déjà forgé une opinion de fer qui consiste à soutenir toutes les formes de médiation non partisane, qui respectent les principes de la souveraineté des États et qui croient que la solution définitive ne peut venir que des acteurs eux-mêmes, dans le respect des principes constitutionnels qui régissent la vie politique interne du pays.

Lenational

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