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Grève à la Cour des comptes: des employés risquent d’être sanctionnés

Nouveau rebondissement dans la situation prévalant à la Cour supérieure des Comptes et du Contentieux administratif (CSCCA). Les conseillers s’engagent à tout mettre en branle en vue de faciliter la reprise des activités suspendues depuis le 3 avril 2017. Après leur sortie fracassante du lundi 10 avril dernier annonçant la reprise des activités avec un personnel réduit, maintenant ils menacent de sévir contre les employés grévistes.

Le syndicat des fonctionnaires de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA) est dos au mur. Près de deux semaines après le lancement de leur grève paralysant les activités, les conseillers passent à l’offensive. Ils menacent de sévir contre les grévistes. Ces derniers ne pourront désormais se poster sur la cour comme bon leur semble. Le Conseil a interdit formellement à tous les employés et agents contractuels de rester sur la cour de la Cour aux heures régulières de travail, sous peine de sanctions disciplinaires. C’est ce qu’a annoncé, dans une note datée du mardi 18 avril, le président de la Cour, Jean Ariel Joseph.

D’après ce document, il leur est fait obligation de consacrer au service de l’administration la totalité des heures réglementaires d’activités, conformément aux dispositions de l’article 167 du décret portant révision du statut général de la fonction publique.

Une décision que minimisent les employés. Le secrétaire général de la Synfo/CSCCA, Sylvain Junior Franck a été clair. Le passage en force des conseillers ne servira pas à grand-chose dans le cadre de la situation régnant à la Cour. Les revendications des employés sont justes. Au contraire, les membres de la Cour doivent statuer sur la situation dans laquelle évoluent les travailleurs. L’octroi d’une carte de débit aux employés, l’ajustement de la grille salariale au coût de la vie et une amélioration des conditions de travail constituent en quelque sorte leurs principales revendications, a renchéri Sylvain Franck qui s’en est pris aux conseillers Saint-Juste Momprevil, Fritz Robert Saint-Paul et Jean Ariel Joseph.

Le syndicaliste a rejeté d’un revers de main les informations selon lesquelles il aurait boudé des invitations des conseillers. Il s’agit, selon lui, d’une manoeuvre déloyale visant à diaboliser les protestataires. Il a indiqué que d’autres membres de ladite institution comme Harold Élie et Méhu Milius Garçon avaient récemment rencontré les employés dans la perspective de trouver un dénouement à la crise sévissant à la Cour. Cette démarche, affirme M. Franck, a échoué suite à la démission forcée de la présidente, Marie France H. Mondésir.

Dans cette veine, Sylvain Junior Franck a remis en question la légitimité de la présidence de Jean Ariel Joseph. Pour soutenir ses propos, il a évoqué une correspondance de la présidence de la République adressée à Jean Ariel Joseph en tant que viceprésident de la CSCCA. À son avis, cette mention n’est pas insignifiante. Elle traduirait le déficit de légitimité du successeur autoproclamé de l’ancienne présidente en falsifiant les informations. « Le Palais national ne le reconnaît pas comme le président de la Cour. Il s’engage à commettre de l’arbitraire en octroyant des lettres de sanction aux employés, mais cela ne passera pas. Ce qui veut dire que toutes ses décisions sont nulles et non avenues ».

Les jeux se corsent à la CSCCA. À date, rien n’est fait. Le Sénat n’en dit rien comme si c’était normal pour une institution d’une telle envergure. Au lieu d’un dialogue, les protagonistes durcissent leur position. Ils tirent le drap chacun de son côté, alors que le pays, les anciens dignitaires en attente d’un certificat de décharge et le personnel contractuel de l’administration publique qui attend que ses contrats soient visés par la CSCCA, en font les frais.

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