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Evens Pierre au révélateur

C’est le combat le plus important de sa carrière. Le mercredi 16 novembre au Karibe Convention Center, à Juvénat (entre Port-au-Prince et Pétionville), l’Haïtien Evens Pierre, champion WBA-Fedelatin des légers, défiera l’Aztèque Juan Carlos Salgado.
Cette chouette soirée pugilistique, baptisée Gala des Champions, nous est concoctée par l’électrique mais ô combien sympathique Jacques Deschamps Fils, qui porte la discipline des poings, avec quelques autres, en République d’Haïti. Grâce à l’amour indéfectible du boss de Boxe Internationale pour le noble art, les aficionadosdessaliniens sont habitués à voir combattre des champions du monde.
Le premier à avoir foulé le sol haïtien pour y boxer est le Panaméen Alfonse Lopez, ancien roi des poids mouche version WBA, qui avait affronté au gymnase Jean-Claude Duvalier le Jamaïcain Richard Clarke, le 4 mai 1985. Suivront ensuite le Vénézuélien Noel Arambulet, le Mexicain Edgar Sosa, les Panaméens Anselmo Moreno et Ricardo Cordoba, ainsi que le Jamaïcain Nicholas Walters. Certains ont boxé dans cet État des Grande Antilles avant d’être couronné monarque œcuménique, d’autres après leur sacre.
Pierre, le monde en ligne de mire
 
Champion WBA-Fedalatin des poids légers, Evens Pierre, est l’enfant chéri de Cité Soleil, la commune la plus pauvre et la plus peuplée d’Haïti, située en périphérie de Port-au-Prince. Dans ce bidonville, le plus grand de la Caraïbe, son nom résonne comme un héros et représente le chemin à suivre pour tous les autres minots du ghetto.
 
Evens Pierre, qui est né et a grandi dans ces corridors insalubres, sera le premier boxeur de la zone à se frotter à un ex-double champion du monde. Surnommé “The Sun City Kid“, l’Haïtien est doté d’un talent explosif, d’une grande taille et d’une longueur de bras impressionnante, de vrais tentacules !
Depuis l’entame de sa carrière chez les rémunérés, le  11 septembre 2008, il est l’élu ! Celui que Jacques Deschamps Fils, « Jacky » ou « JDF. » pour les intimes, a choisi pour en faire le premier boxeur à la fois né et ayant fait les basiques du noble art en Haïti à disputer un championnat du monde de boxe… et l’emporter. Depuis 8 ans, le duo bosse d’arrache-pied et a mis en place la bonne stratégie pour y parvenir.
 
Conscient qu’il va s’attaquer à un rude rival, Evens Pierre, après avoir roulé sa bosse pendant quelques années au Panama, s’est affûté en République dominicaine, où il a suivi une préparation digne de ce nom sous la férule du coach Narciso Rodriguez. Là-bas, il a croisé les gants avec Felix Diaz, qui avait injustement battu aux points le regretté Alexis Vastine en demi-finales des Jeux Olympiques de Pékin en 2008 avant d’etre sacre Champion Olympique.
Le 16 novembre, c’est un combat périlleux et très difficile pour celui qui aspire disputer un championnat planétaire, sur ses terres, en 2017. Pour vaincre le coriace aztèque, Evens Pierre devra sortir le grand jeu et être irréprochable sur le plan défensif.
Salgado, c’est du costaud !
 
Né le 20 décembre 1984 à Mexico City, la capitale du Mexique, Juan Carlos Salgado (31 ans ; 1,75 m ; 26 victoires, dont 16 avant la limite, 1 nul, 6 défaites et un no-contest) a débuté son métier de boxeur professionnel le 13 mars 2003. Après un début de carrière sans encombre, où il empile les K.-O., comme d’autres sur les boulodromes empilent les carreaux, l’Aztèque entre sous les projecteurs, le 10 octobre 2009. Ce jour-là, à Tokyo, il détrône du titre WBA des poids super-plume le Vénézuélien – qui vit dans la capitale du Japon – Jorge Linares, pourtant grand favori et invaincu, par arrêt de l’arbitre dès le premier round. Le Mexicain perd son titre dès le combat suivant, le 11 janvier 2010 à Tokyo, battu par arrêt de l’arbitre dans le douzième round par le Tokyoïte – alors invaincu – Takashi Uchiyama. Salgadocapture ensuite le titre IBF vacant de la division en battant aux points le Dominicain – installé à New York – Argenis Mendez, le 10 septembre 2011 à Guadalajara. Il conserve sa ceinture rouge et or malgré un résultat sans décision rendu à l’issue de son duel contre son compatriote Miguel Beltran Jr. stoppé dans le deuxième round, le 10 décembre à Los Mochis, une ville du Mexique, dans l’État de Sinaloa. Lors du cent quinzième championnat du monde aztéco-mexicain, Juan Carlos Salgado bat ensuite – de peu – aux points Martin Honorio, le 28 avril 2012[] à Cancun, unestation balnéaire située à l’est du Mexique, puis l’Argentin Jonathan Victor Barros, le 18 août 2012 à Puebla (Mexique). Le Mexicain perd son titre lors de sa revanche avec Mendez, le 9 mars 2013 à Costa Mesa (Californie), par K.-O. dans la quatrième reprise. Depuis, Juan Carlos Salgado s’est incliné à quatre reprises, contre quatre très bons boxeurs. C’est donc un homme revanchard qui se présentera face à Evens.Un vis-à-vis haut de gamme, coriace et expérimenté, bien décidé à se relancer pour disputer un nouveau championnat du monde.
Cette confrontation sent la poudre
 
La confrontation Evens vs. Salgado sent la poudre. Tous les ingrédients sont réunis pour que quelque chose d’inhabituel se développe. Les deux gladiateurs, soyons en sûr, vont se filer des gnons à qui mieux mieux tout au long de la bastonnade. Au terme de cette confrontation – titanesque ? – en onze rounds de trois minutes, le troisième homme présent dans le quadrilatère lèvera le bras du vainqueur, où celui des deux pugilistes s’ils se neutralisent.
Mais avant ça, il convient déjà de saluer le panache des boxeurs, qui ont accepté d’en venir aux poings. Espérons qu’ils offriront au public le duel qu’il attend et qu’ils s’approprieront cette loi d’airain consubstantielle à la beauté du sport : la défaite n’est pas une infamie et mieux vaut un revers glorieux qu’un triomphe sans péril.
Les combats d’encadrement
Trois autres joutes professionnelles pimenteront le menu de cette sympathique soirée de Boxe Internationale. La première mettra aux prises l’Haïtienne – qui vit à Brooklyn, un des cinq arrondissements de la ville de New York – Mélissa “Little Tyson” Saint-Vil (33 ans ; 1,63 m ; 8 victoires aux points, 3 nuls, 2 revers), mannequin de son état, avec la Dominicaine Diana Garcia. Championne IBU et WBC-Silver des super-plume, l’originaire de Diquini (Carrefour) viendra en mission en Haïti, pour le plus grand plaisir des amateurs de boxe. La seconde confrontation opposera l’Haïtien Azéa Augustama (33 ans ; 1,80 m ; 19 victoires, dont 11 avant la limite, 2 revers), tenant du titre WBA-Fedelatin des poids mi-lourd, au Dominicain Wilmer Mejia.
Quant au super-welter haïtien – domicilié en Floride – Wilky Campfort (32 ans ; 1,80 m ; 21 victoires, dont 12 avant la limite, 3 revers), qui a représenté Haïti aux Jeux Olympiques (dans les rangs amateurs) et disputé un championnat du monde (chez les pros), il sera de retour au bercail, face au Panaméen Jeffrey Rosales.
Remerciements
 
Conscient que l’argent est le nerf de la guerre, le sieur Deschamps Fils, qui s’est toujours consacré à fond à sa grande passion, tient à remercier les sponsors et partenaires pour leur soutien actif dans ce Gala des champions : Séjourné Crème Soda, Sogebank, Maison Henri Deschamps, Rhum Barbancourt, Royal Oasis Hotel, Radio RFM, Optimum, Fondation Lucienne Deschamps, Karibe Hotel.
Programme du Gala des Champions
Championnat WBA-Fedelatin des poids légers (11×3) :
Evens Pierre (Haïti) vs. Juan Carlos Salgado (Mexique).
Championnat WBA-Fedelatin des poids mi-lourds (11×3) :
Azéa Augustama (Haïti) vs. Wilmer Mejia (RD).
 
Mélissa Saint-Vil (Haïti) vs. Diana Garcia (RD).
Wilky Campfort (Haïti) vs. Jeffrey Rosales (Panama).
 
Par Pablo Hermoso de Mendoza

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