Monday, October 16, 2017
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Des tambours et des voix pour servir les convives

1er novembre. Après une ambiance carnavalesque au cimetière de Port-au-Prince, cap était mis sur d’autres artères du centreville ou de sa périphérie. À Pétion-Ville, plus particulièrement à l’avenue Panaméricaine, le jour de Brave Gede était rythmé d’une atmosphère plutôt bredjen. Le Brodèget est désormais, qu’on le veuille ou non, la tendance idoine à drainer la plus grande affluence.

Pour quelques-uns qui esquivaient un peu les décibels des rues, le choix de Chicken Fiesta était meilleur. Dans ce restaurant au décor attrayant situé sur l’avenue Panaméricaine, l’ambiance était empreinte d’une rare convivialité. Autour des tables garnies de bouteilles et de plats très variés, ils étaient quelques dizaines, dont deux enfants accompagnés de leur mère, à venir se régaler. Tout près du comptoir étaient installés des tambours. Et deux tambourineurs, au signal de Fred « Durvin » Espérant, MC de la soirée, commençaient à harmoniser les petites notes qui se ressemblent. Ce n’était qu’un avant-goût gentiment servi aux clients en guise d’introduction.

 Entre surprise et envie de fête, les roulements de tambours sur un jumelage de petro, rada et yanvalou commençaient à attiser la curiosité de plus d’un. Atchiassou et Jerry ne perdent rien de leur vertu de tenir en haleine surtout quand il s’agit de ces occasions qui rendent hommage aux loas du panthéon vaudou. On était invités à surfer sur des airs qui hantent tout un chacun.

Le tempo s’est diésé avec l’entremise de deux guitaristes, Steevens Dormil et Steeven Marseille, dont la complicité suscitait l’admiration. Un bel aréopage de musiciens de grand talent : c’est ce que susurrait une jeune femme qui trépi-gnait un peu sur sa chaise descendant malicieusement sa bière bien frappée. Elle avait raison. En quelques gammes bien mesurées avec des morceaux peu connus certes mais captivants, l’assistance était conquise et transportée vers des sommets insoupçonnés de notre univers vaudou gardé par Ogou, Lenglensou, Danmbala, Baron, Brigitte, Legba. Une invitation à la découverte, au dialogue intérieur et à la méditation.

 Le groupe Ekilib était aussi de la partie avec des chansons qui habitent l’inconscient collectif. Johanne Makaya, propriétaire des lieux, avait le sourire contagieux et partageait amplement avec ses convives le plaisir « gede » qui se répandait à dose maximale. Une fillette d’environ six ans, son verre de gazeuse en main, avait le corps en tangage et gesticulait comme une danseuse de tendance traditionnelle. Une vraie promesse de la danse, si elle y reste accrochée.

Chicken Fiesta est désormais une vitrine de promotion artistique et reçoit tous les week-ends entre 7 h et 10 h des jeunes artistes, musiciens et chanteurs, pour des soirées qui ne manqueront, sans nul doute, d’habiter les mordus de notre musique traditionnelle.

Lenational

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