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Des parlementaires exigent l’arrêt du processus

Dans une correspondance adressée au président de l’Assemblée nationale, Youri Latortue, un groupe de cinq députés ont fait savoir qu’il n’est politiquement ni constitutionnellement opportun de convoquer l’Assemblée nationale en vue de statuer sur des choses qui méritent encore certains éclaircissements. Ces parlementaires redoutent l’idée de conduire aveuglément le pouvoir législatif dans une voie périlleuse qui pourrait nuire à l’avenir du pays.

Suite à l’idée du président de la République, Jovenel Moïse, de convoquer à l’extraordinaire l’Assemblée nationale pour délibérer sur la désignation des 3 représentants de l’Éxécutif au conseil électoral permanent, des députés de la 50e législature tentent de faire obstacle à cette décision. Il s’agit des députés Jean Robert Bossé de la circonscription d’Aquin, Joseph Manès Louis de Cabaret, Sinal Bertrand de Port-Salut, Roger Milien et Printemps Bélizaire, respectivement député de la 1re et la 3e circonscription de Port-au- Prince.

Les motifs sont nombreux. Ces députés partagent leur inquiétude autour des rapports de l’Unité centrale de renseignement financier (UCREF) et PetroCaribe qui ont épinglé le président de la République comme quelqu’un qui aurait été impliqué dans une affaire de blanchiments des avoirs. Plus loin, ces députés ont fait mention du ministre de l’Intérieur, Max Rudolph Saint-Albin, lui aussi épinglé dans le rapport PetroCaribe, ainsi que l’actuel chef du gouvernement, Jack Guy Lafontant, qui, selon eux, est un évadé fiscal. Forts de ces constats, ces députés estiment que le pouvoir en place n’inspire pas confiance.

En outre, en plus du caractère dictatorial du président de la République qui ne cesse de violer les prescrits de la loi mère du pays par ses décisions, ces parlementaires proches de l’opposition ont souligné les récentes déclarations scandaleuses du président de la République faites contre un grand nombre de juges. « Ce pouvoir judiciaire que le président de la République considère lui même comme corrompu, dans sa grande majorité, a pourtant un rôle important à jouer dans le processus d’instauration du Conseil électoral permanent (CEP) dans le pays », font remarquer ces élus de la Chambre basse, demandant au président de l’Assemblée nationale de surseoir au processus de désignation des représentants du pouvoir législatif devant concourir à la formation du Conseil permanent en attendant le fonctionnement normal des pouvoirs publics du pays. Ces députés expriment leurs préoccupations face au risque de voir se mettre en place un CEP formé uniquement de partisans du Parti haïtien tèt kale (PHTK). Ils recommandent donc des pourparlers immédiats avec les différents secteurs de la vie nationale afin de faire échec aux manoeuvres du pouvoir en place.

Ces discussions, avancent les parlementaires, devraient se tenir sur la base des dispositions de l’article 289 de la Constitution du 29 mars 1987 aux fins de former un nouveau conseil provisoire avec pour mission de finaliser les élections des Assemblées, le renouvellement du tiers du Sénat et l’organisation des législatives de 2019 pour le renouvellement de la Chambre des députés. Les députés n’écartent pas non plus l’idée de débattre, lors de ces pourparlers, la possibilité d’une enquête pour faire la lumière sur les graves accusations faites par le chef de l’État sur le système judiciaire. Sans oublier, ajoutent-ils, la nécessité de donner suite au rapport du Sénat sur la gestion des fonds PetroCaribe.

Lenational

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