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Des bibliothèques à genoux après Matthew

Le passage de l’ouragan Matthew a été néfaste pour plusieurs dizaines de bibliothèques et de centres culturels au niveau des départements les plus touchés. Dans l’édition du début de la semaine, nous avons survolé quelques hauts lieux de culte vaudou ravagés par les intempéries. Un coup d’oeil cette fois sur nombre de bibliothèques phares détruites ou endommagées par Matthew.

Outre le Centre culturel des Frères qui avait un espace de bibliothèque plus ou moins ouvert au public, et quelques autres salons privés renfermant des livres accessibles à des familles proches, la seule bibliothèque, le centre Numa Drouin, de Jérémie, quoique traversée par les difficultés que l’on connait, en termes de gestion, de créativité, a pour mérite de rassembler dans un laps de temps une pléiade d’activités et de jeunes, autour de la culture, des arts et de l’éducation en général.

Aujourd’hui, cette bibliothèque est touchée. La Fondation Connaissance et Liberté (Fokal) qui est son principal partenaire financier dénombre des dégâts, toutefois peu importants par rapport à d’autres institutions où l’impact est plus accablant. Selon ce rapport provisoire, la Fokal insiste sur le fait que la bibliothèque Numa Drouin a été, à bien des points, épargnée, vu l’ampleur des dégâts au centre de la ville. Avec son programme d’encadrement d’une vingtaine de bibliothèques communautaires sur tout le territoire, la Fokal en a déjà ciblé cinq, dont le centre Numa Drouin, fortement touchées. À Pestel, la ville de Jean Brière, c’est la catastrophe totale. La bibliothèque est complètement détruite selon le rapport, et le matériel totalement abimé du fait que le toit a été emporté par les vents. Les responsables de la bibliothèque Jean Brière de Pestel étant eux-mêmes des sans-abris pour avoir perdu leurs maisons, se demandent comment redonner vie à cette bibliothèque et restituer les livres pour le bien de la communauté pesteloise ?

La bibliothèque communale des Cayes, pour sa part, est encore debout, malgré un espace déjà décrié compte tenu de son état lamentable (immeuble défectueux, réparations retardées, renouvellement de stocks non sensibles). Le passage de l’ouragan devrait accélérer les mesures à prendre en vue de sa réhabilitation. À Camp- Perrin, la bibliothèque Ste-Anne des Soeurs de l’Immaculée Conception, même si elle n’est pas complètement endommagée, est difficile d’accès vu les nombreuses conséquences de l’ouragan sur l’établissement. Une autre bibliothèque située dans la ville des Cayes, celle de l’IPDEC, qui a déjà été dysfonctionnelle en raison des travaux de réhabilitation, était en proie aux eaux. Port-Salut, l’une des villes les plus touchées de la côte Sud, après, entre autres, Les Irois, Tiburon, Portà- Piment, a perdu sa bibliothèque « Amis Lecteurs », la seule option existant après le Centre de lecture et d’animation culturelle (CLAC), inauguré par la DNL quelques années auparavant (en 2013). La bibliothèque « Amis Lecteurs » de Port-Salut, logée dans les locaux du lycée, est selon la Fokal, fortement endommagée. « La toiture est emportée et l’eau de pluie a envahi le bâtiment causant des dégâts irréparables pour la collection, le mobilier et les équipements ».

Autres bibliothèques touchées par l’ouragan Matthew : le Centre de lecture Gary Victor, de Bérault, deuxième section communale de Torbeck. Un fonds documentaire de 3 000 ouvrages, des jeux et des outils didactiques sont complètement détruits. La toiture a été également emportée et le matériel détruit par les eaux. Cette bibliothèque inaugurée par une organisation sociale, le Foyer d’accueil de Bérault, il y a un peu plus d’un an seulement (août 2015), dessert plusieurs centaines de jeunes dans cette section communale. Sa disparition constitue, en ce moment, une grande perte pour les jeunes et les enfants de cette localité.

Petit paradoxe dans ces hauts lieux du livre et de la lecture ravagés par l’ouragan Mathhew, c’est la bibliothèque communautaire de Chardonnières. Contrairement à celles qui ont été détruites ou endommagées, elle a tenu bon. Mais le paradoxe, loin de continuer à tenir haut le signe du livre debout malgré tout, est que cette bibliothèque sert d’abri provisoire aux sinistrés de la commune. La grande inquiétude est aussi qu’elle se trouve dans l’une des zones, avec Port-à-Piment, les plus touchées par la flambée de choléra.

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