Tuesday, January 23, 2018
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Décompte des morts dans les rangs de la PNH

L’ancien commandant en chef de la PNH, Mario Andrésol, dans un document rendu public cette semaine, a fait état de 1118 policiers qui sont décédés au sein de la PNH depuis la date de sa création en 1995, dont 450 sont tombés sous les balles assassines des bandits armés.

Dans un contexte où la fête de fin d’année approche, Mario Andrésol, excapitaine des Forces armées d’Haïti et ancien directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), a voulu faire le point, dans ce document, sur le climat d’insécurité qui règne depuis les quinze dernières années dans la zone métropolitaine. Ce document expose non seulement la situation de panique dans la capitale haïtienne et dans les zones avoisinantes, mais aussi fait état du nombre de policiers tués dans l’accomplissement de leur devoir en Haïti, chaque année, le plus souvent par des « bandits armés ».

À part ce lourd bilan, Mario Andrésol, fait mention du nombre de personnalités et de simples citoyens assassinés ou portés disparus au cours de cette même période. Il se rend compte que l’État, qui doit assurer la protection et la sécurité de la population, ne s’est jamais donné les moyens, à travers les institutions concernées comme la PNH, pour résoudre le problème.

L’ancien DG de la PNH déplore le fait que les autorités politiques ont toujours tendance à considérer comme une dépense superflue les fonds alloués à la prévention et à la répression du crime organisé. Ce qui fait que les responsables de la force publique, dépourvus de moyens financiers suffisants, se trouvent toujours dans l’incapacité d’assurer une gestion efficace de l’ordre et de la sécurité de la population haïtienne.

Selon M. Andrésol, l’optimisation des résultats en matière de lutte contre l’insécurité ne peut être atteinte que si les actions conjuguées de la Police et de la justice s’inscrivent dans le cadre d’une politique pénale cohérente. La lutte contre la criminalité requiert des mesures à la fois armées, pénales, politiques et législatives. L’absence de politiques publiques de sécurité fait que les mesures et les dispositifs pris par les responsables des forces de l’ordre ne peuvent produire aucun résultat significatif. « L’insécurité doit être combattue dans ses racines », explique l’ex-DG de la PNH.

Mario Andrésol estime qu’en Haïti les enquêtes ne se poursuivent que par choix ou par la volonté des hommes politiques. Car, la police, dans une certaine mesure, finit toujours par mettre la main au collet des criminels. Les cas d’assassinats politiques ou d’opposants arrêtés pour des motifs fictifs ou réels, et tout autre cas ayant rapport avec la politique sont généralement traités selon les voeux de l’Éxécutif. Cette situation ne date pas d’aujourd’hui. L’État de droit tant rêvé reste jusqu’à présent une fiction.

Pour M. Andrésol, il y a l’existence de deux types d’insécurité : structurelle et occasionnelle. Les causes structurelles de l’insécurité seraient liées à des problèmes relevant de l’absence d’un plan d’aménagement territorial, de la dégradation de l’environnement et de l’instabilité politique chronique. Les causes occasionnelles de l’insécurité ont rapport à la faiblesse des engagements de l’État à l’endroit de la PNH, à la criminalisation de la politique, à la corruption de la justice, à la politisation de l’institution et à l’absence totale de politique pénale.

Par une stratégie intersectorielle de sécurité et un Conseil national de sécurité, destiné à optimiser et coordonner les efforts des différents organismes de sécurité, renforcer la capacité opérationnelle et technique de la PNH, et la chaîne pénale par l’adoption d’un nouveau Code pénal, c’est ce que recommande Mario Andrésol pour résoudre le phénomène d’insécurité en Haïti.

Lenational

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