Thursday, September 21, 2017
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Décès de l’ancien recteur Pierre-Marie Michel Paquiot

En dépit de la campagne de mobilisation de fonds pour l’intervention chirurgicale, l’ancien recteur de l’Université d’État d’Haïti (UEH) Pierre-Marie Michel Paquiot a rendu l’âme. Ce malheur est survenu le mercredi 23 novembre dans un hôpital à Cuba, aux environs de 3 heures du matin. Une situation qui pousse l’opinion publique à se questionner sur les derniers jours, en termes d’assurance, d’un fonctionnaire de l’État après tant d’années de services rendus.

Selon un membre de sa famille, l’ancien recteur qui a dirigé l’UEH pendant environ dix ans, de 1998 à 2007, souffrait d’un cancer du rein. Le professeur Paquiot avait déjà subi dans le passé plusieurs interventions à cause de cette maladie. À l’initiative du recteur Jacky Lumarque, l’Université Quisqueya s’était fortement mobilisée pour recueillir des fonds destinés à la prise en charge d’importants frais médicaux qu’exigeait l’état de santé de M. Paquiot.

 La solidarité a joué en plein. Plusieurs citoyens, dont des anciens de l’UEH, des membres du secteur privé des affaires, ont participé à la collecte de fonds. L’État haïtien, bien qu’au dernier moment, a également donné sa participation. Plus de 85 000 dollars américains ont pu être réunis pour cette intervention chirurgicale urgente et après la grave résurgence de cette maladie qu’on croyait déjà traitée. Malgré tout, l’ancien recteur Pierre-Marie Michel Paquiot, l’une des figures les plus connues du monde de l’université haïtienne pour avoir été l’objet d’une attaque physique de sympathisants de Lavalas, le 5 décembre 2003 a rendu l’âme sur un lit d’hôpital au pays de Fidel Castro.

Né à Port-au-Prince le 30 octobre 1948, Pierre-Marie Michel Paquiot détenait une maûtrise en mathématiques et applications fondamentales de l’Université des sciences et techniques du Languedoc (Montpellier, France, 1974) et d’un DEA en physique théorique au niveau de cette même institution (1975). Il a dirigé le conseil exécutif de l’UEH pendant dix ans. Avant d’accéder à ce poste, il était membre du conseil de direction de la Faculté des sciences (FDS) de 1986 à 1998.

Ancien professeur de mathématiques et de physique, particulièrement à la FDS, la Faculté de droit et des sciences économiques (FDSE), l’École normale supérieure (ENS) et au Centre technique de planification et d’économie appliquée (CTPEA), Pierre-Marie Michel Paquiot a participé à l’élaboration de nombreux documents de cours au sein de l’UEH. Il a pris part à la restructuration de la FDS, un programme lancé en 1978. Le professeur Paquiot a également travaillé comme technicien attaché à l’équipe mathématique au secondaire de l’Institut pédagogique national (IPN).

Malgré cette prestigieuse carrière au sein du système éducatif haïtien, le professeur Paquiot s’était vu dans l’obligation de s’adresser au directoire de l’Université Quisqueya en vue d’obtenir un soutien financier pour couvrir ses frais de santé. Ce qui explique clairement les conditions précaires dans lesquelles les enseignants haïtiens sont en train de travailler. Cette disparition soulève du coup le débat concernant l’existence d’une éventuelle couverture d’assurance en faveur des cadres du système éducatif haïtien, et des encadrements qui leur permettront de vivre dans la dignité après avoir rendu service à la nation.

Il est vrai que l’État facilite aux recteurs le bénéfice d’une couverture d’assurance à l’Ofatma, mais, selon les informations fournies par l’ancien vice-recteur aux affaires académiques, Jean Poincy, c’est une couverture d’assurance qui ne répond pas aux exigences de ces interventions urgentes et graves. En termes de salaire, informe M. Poincy, le recteur principal perçoit à l’heure actuelle un salaire de 84 000 gourdes avec une indemnité de ⅓, qui après les prélèvements peut être réduit même à 50 000 gourdes. Une somme qui, selon le candidat à la présidence du parti Résultat, ne peut en aucune façon assurer les derniers jours de qui que ce soit dans un pays où les services de base sont quasiment inexistants.

Phanord Cabé

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