Wednesday, July 26, 2017
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CSS : le Sénat demande à Jovenel Moïse de surseoir à la publication du rapport

Suite à un débat riche en rebondissements, le Sénat de la République a voté une résolution demandant au président de la République de ne pas publier le rapport proposé par le Conseil supérieur des salaires (CSS). Les sénateurs conseillent au président de la République de consulter des experts afin de savoir sur la base de quels indicateurs macroéconomiques que le CSS a pris cette décision.

Le débat a été très animé au sein du sénat en début de soirée du mardi 11 juillet. Des arguments et contre arguments ont fait l’essentiel de cette séance consacrée notamment au vote de cette résolution proposée par l’un des sénateurs de l’Ouest, Antonio Cheramy. Certains sénateurs ont appuyé la démarche alors que d’autres se sont abstenus. Parmi ceux qui ont appuyé cette résolution, figure Jacques Sauveur Jean qui a fait savoir que le pays repose sur le dos de ces ouvriers maltraités.

L’élu du Nord-est pense que le seul fait de proposer uniquement 35 gourdes comme augmentation de salaire des ouvriers est une aberration et constitue, en soi, un acte criminel. Le président de la commission Finances au niveau du Sénat, Nènèl Cassy, a abondé presque dans le même sens. L’élu des Nippes conseille à ce que l’exécutif prenne plus au sérieux la revendication des ouvriers en reconstituant le CSS. « Le CSS est accaparé par les patrons des usines alors que les vrais représentants du secteur syndical ne siègent pas au sein de la commission », a-t-il fait remarquer.

Pour sa part, le sénateur Joseph Lambert croit que c’est un acte méprisant, un manque d’égard aux ouvriers le fait d’ajuster leur salaire à seulement 35 gourdes après trois ans. « C’est du vagabondage pur », a lâché le sénateur qui a également fait savoir qu’il n’a aucune confiance en ce conseil installé par le président de la République. L’élu du Sud- Est pense qu’on n’a pas assez défendu les intérêts des ouvriers et pour lui, c’est une chose qui mérite d’être corrigée.

De son côté, le sénateur Evalière Beauplan a indiqué que les ouvriers sont en train de faire leur réclamation selon les prescrits de la Constitution. Pour cela, il indique que le vote de cette résolution est une nécessité si on veut vraiment envoyer un signal clair au président de la République de façon à éviter la publication de ce rapport combien humiliant et frustrant pour les ouvriers.

S’il y a eu des sénateurs qui ont pris la défense des ouvriers, d’autres au contraire s’arrangent aux côtés des patrons. C’est le cas d’Hervé Foucand qui, dans ses déclarations, s’est ouvertement positionné contre la résolution. Pour l’élu du Sud, il faut agir de façon à protéger les patrons en vue d’attirer d’autres investisseurs qui vont contribuer à créer d’autres emplois dans le pays et réduire le taux du chômage. Une approche appuyée par Kedlaire Augustin, qui a essayé de défendre les travaux effectués par le CSS. Sénateur Kedlaire a même soulevé la colère de presque la majorité des sénateurs présents à la séance en déclarant que le travail du CSS n’est pas illégal et que la résolution de la commission Affaires sociales au niveau du Sénat n’a pas effectué un travail assez convaincant.

Pour d’autres sénateurs comme François Sildor et Jean-Marie Ralph Fetière, ce rapport du CSS n’est qu’une plaisanterie. Déjà, ces parlementaires encouragent l’Exécutif à faire de son mieux pour résoudre cette situation alors que Denis Cadeau a pour sa part conseillé au secteur patronat de planifier, en accord avec l’exécutif, des programmes d’accompagnements sociaux pour les ouvriers afin d’alléger leurs peines. Le sénateur croit que l’ajustement est insuffisant sans les accompagnements sociaux. Quant au sénateur Antonio Cheramy, l’initiateur de la résolution, il pense que le CSS doit être reconstitué par le fait qu’il y a trop de réserves, notamment sur deux des trois représentants des ouvriers.

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