Monday, September 25, 2017
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Claude Martin Fils veut révolutionner le leadership en Haiti

Poignée de main énergique, sourire chaleureux, verbe facile, c’est avec un Claude Martin sympathique et enthousiaste que nous nous sommes entretenus sur la terrasse d’un petit restaurant bien connu de la place. L’animateur de l’émission « Leadership poun vanse » qui a été le premier coach en leadership à recevoir une certification de l’équipe de John Maxwell se retrouve, à 74 ans, face à une mission significative: éclairer sur l’essence du leadership.

 

Né le 28 Octobre 1942, il a été entre autres, rotarien, membre de l’Association des Industries d’Haïti (Adih) et est maintenant président de la chambre de commerce et d’industrie haïtiano-canadienne. Son lourd sac pendu à l’épaule, le pas décidé, tenue classique, Louis Joseph Jude Claude Martin Fils, avec ce coté courtois qui invite aux causeries, nous a rapidement rejoints pour de plus amples connaissances. Rapidement, nous nous sommes mis à l’aise afin de discuter d’un sujet d’importance : l’implication du septuagénaire dans l’expansion du leadership en Haïti.

John Maxwell est considéré comme étant le gourou numéro un en leadership avec une soixantaine de publications notamment ‘‘Leadership 101, Pensez succès’’, etc. Certaines d’entre elles ont été vendues à près de 90 millions d’exemplaires et traduites dans plus d’une centaine de langues. Réclamé de partout, des grosses compagnies de fortunes aux chefs d’Etat il a, depuis quelques temps, monté une plateforme permettant de rassembler des coaches en leadership (…) « Nous étions plus de 4300 personnes venues de toutes parts à être certifiées ». C’est ainsi que Claude Martin nous a expliqué, non sans fierté, sa joie d’intégrer la John Maxwell Team, sa volonté de mettre à profit son savoir tout en soulignant que le leadership s’acquiert au moyen de trois étapes : l’apprentissage, la pratique et la transmission. Ce faisant, nous nous sommes questionnés sur sa perception du leadership.

Leadership et succès

Claude Martin Fils a œuvré dans le milieu entrepreneurial. Il a été président-directeur général de trois entreprises différentes, notamment la Dudley Dominicana Bani en République Dominicaine, gouté au succès tel que défini par la grande majorité de la population, à savoir l’approbation du public ou un résultat heureux qu’on acquiert. Pourtant, le regard perçant, il témoigne n’avoir connu l’excitation, la passion pour son travail qu’avec la découverte de sa mission : répandre le plus d’informations possibles au sujet du leadership. Sans pour autant regretter son parcours, il estime toutefois qu’avec les connaissances acquises en leadership aujourd’hui, il aurait, s’il les avait reçues plus tôt, mieux fait face à certaines épreuves , mieux vécu l’accomplissement de ses objectifs. En ce sens, il précise que le succès n’est autre que « l’accomplissement, au fur et à mesure de ses objectifs, et ce, avec un sentiment de paix envers soi-même ». Il souligne qu’un leader n’est pas celui qui se fait appeler par ce nom. On ne se le proclame pas. Leader est un statut que d’autres personnes qui vous suivent ou que vous influencez [positivement] vous attribuent car le leader n’est pas celui qui se fait servir mais celui qui se met au service de sa communauté.»

Réalités haïtiennes et leadership

Après plusieurs tentatives vaines d’implanter un programme de leadership dans différentes écoles de la capitale et dans certaines entreprises de la place, M. Martin Jr s’est retrouvé face à une évidence: la conception du leadership est inconnue sinon ‘‘méconnue’’, de surcroit, difficile à enseigner. En effet, avec la corruption qui gangrène les différents secteurs du pays, la crise d’identité de la société, les jeunes font face à une crise de modèles. C’est en ce sens qu’il décide d’aller vers les adolescents, des défavorisés aux plus aisés, formant des jeunes leaders certifiés par le groupe de John Maxwell grâce au Youthmax: un programme de la Maxwell Team destiné aux adolescents. Il croit que le grand problème du pays est foncièrement lié à une carence de leadership. Ainsi s’efforce-t-il d’enseigner les principes de base du Youthmax.

Son enseignement

« La vie ne vous donne pas ce que vous voulez mais qui vous êtes. Si vous voulez changer votre vie, vous devez changer votre façon de penser. Celui-ci a été programmé par les enseignements et les renseignements que vous recevez de votre entourage, c’est-à-dire, votre environnement. Et pour changer votre façon de penser, il vous faut filtrer les informations que vous recevez (…).» C’est, pour l’essentiel, la profession de foi du coach certifié par l’équipe de John Maxwell. Si l’enseignement de Claude Martin Jr se base sur la perception que l’on a de soi-même, l’effort à entreprendre afin de parvenir à changer le statu quo, d’aucuns le classeraient parmi les idéalistes orthodoxes. Dans cette optique, nous serions tentés de répéter Emile Chartier, dit Alain, estimant que l’idéal est toujours nettoyé d’un peu de réalité qui ferait tâche. De ce fait, comment parler de leadership à certains jeunes qui ne connaissent que la vie avec moins d’un dollar par jour et qui rêvent d’un lit confortable?

Lenational

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