mardi, juin 18, 2019
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Cafouillage à la Mairie de Pétion-Ville

Ce matin vers 9:30, à seulement une semaine de la réouverture des classes, le lycée communal de Thomassin 32 a connu un incident inhabituel pour un centre d’enseignement public. Instituée et gérée par la Mairie de Pétion-Ville, l’école a subi les assauts des certains individus identifiés à la Mairie de Pétion-Ville et à la DGI, porteurs d’un ordre de déguerpissement de la Mairie. Ils étaient accompagnés de la Police, d’un juge de paix et d’un huissier. Le secrétaire d’État démissionnaire à la Sécurité publique, Ronsard Saint-Cyr, était également sur place. Cette école a subi d’énormes dommages. Un conflit de propriété.

Alors que la réouverture des classes est planifiée pour le 3 septembre, le lycée de Thomassin 32 connaît des moments de fortes tensions qui sont autant de menaces sur l’ouverture prochaine de ses portes pour une nouvelle année académique. Ce lundi vers 9:30, des agents de la Mairie de Pétion-Ville et de la DGI accompagnés de la Police d’un juge de paix de Pétion-Ville et d’un huissier, avec un ordre de déguerpissement de la Mairie, ont jeté sur la voie publique l’équipement, le matériel et les archives du lycée. Or, le lycée est une institution communale gérée par la Mairie de Pétion-Ville. Un cafouillage inexplicable qui risque de compromettre l’avenir de plusieurs centaines de jeunes venant de milieux modestes.

Selon Jean-Pierre Bailly, voisin du lycée et qui a assisté à toute la scène, « les propriétaires ont abandonné la maison, il y a environ une trentaine d’années. Lydie Parent agissant en qualité de mairesse de Pétion-Ville avait pris la décision de transformer la maison, bien de la commune, en école communale. D’après la loi, cette propriété est dans le domaine de la Mairie de Pétion-Ville. Alors qu’aujourd’hui des responsables du bureau de la Mairie de Pétion-Ville, des officiels de la Direction générale des impôts (DGI), le secrétaire d’État à la Sécurité publique, M. Léon Ronsard Saint-Cyr, accompagnés de policiers armés ont tenté de prendre possession de cette propriété qui héberge le lycée communal de Thomassin, où 1 300 enfants défavorisés sont scolarisés. Avec un contre ordre de la Mairie alors que la mairesse adjointe de Pétion-Ville dit ne pas être au courant de cette ordonnance de déguerpissement.

Cette école n’est pas à sa première mésaventure. Le 21 décembre 2017, sans aucun ordre de justice ni aucun scellé, le juge l’avait déjà réclamé, disant que cette démarche venait de la part du propriétaire. Aujourd’hui, une scène quasi similaire s’est produite.

Les riverains de la zone, dont certains scolarisent leurs enfants au lycée, ont pris sur eux la responsabilité de faire échec au plan des « déguerpisseurs ». Ils ont immédiatement investi les rues pour protester et réclamer justice. Quand les agents de la Mairie ont commencé à déménager l’équipement, le matériel et les archives du lycée pour les étaler sur la voie publique, les protestataires ont mis le feu dans une camionnette, utilisée pour le transport du juge, de l’huissier et des agents publics, stationnée un peu plus haut à l’entrée de l’école, à la rue Pipirite. À ce moment-là, ils ont paniqué et ont abandonné leur manoeuvre.

Étant donné que le lycée est public et propriété de la Mairie de Pétion- Ville et que le juge de paix officie au tribunal de Paix qui est également une institution de l’État haïtien, le directeur de l’école Jean Letert pense que le meilleur moyen de résoudre ce problème est de suivre la voie légale. Car, selon lui, cette manière de procéder ne fait que causer du tort aux élèves. Toujours est-il que ces confusions discréditent l’État haïtien.

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