Friday, November 17, 2017
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Aristide empêché, son audition confiée à la DCPJ

L’ex-président Jean Bertrand Aristide a boudé une invitation du juge d’instruction Jean Wilner Morin en date du mardi 31 janvier 2017. Le magistrat instructeur insiste pour recueillir les témoignages de l’ancien chef d’État. Selon ce qu’a rapporté les médias, cette mission est confiée à une Commission rogatoire qui doit être formée à la Direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ).

L’ex-président Jean Bertrand Aristide a boudé une invitation de la justice le mardi 31 janvier 2017. Il devait comparaître, à titre de témoin, par-devant le cabinet d’instruction criminelle du juge Jean Wilner Morin dans le cadre d’une enquête ouverte contre l’ancien commissaire divisionnaire de la Police nationale d’Haïti (PNH), Jacques Anthony Nazaire pour blanchiment des avoirs. L’information a été confirmée par une note portant la signature dudit juge, datée du mercredi 1er février 2017, rapportée par les médias.

Pour cause, le nom de la Fondation Aristide pour la démocratie et son Université éponyme ont été mentionnés dans un rapport de l’Unité centrale de renseignements financiers (UCREF). M. Aristide a cependant, adressé une requête en date du 31 janvier 2017, par le biais de ses avocats Gervais Charles et Mario Joseph, demandant le report de l’audience au lundi 13 février prochain. Ce, en raison d’empêchements confrontés par lesdits avocats devant assister le concerné.

Le magistrat instructeur ne voit pas d’un bon œil la non-comparution de l’ancien chef de l’État. À son avis, elle s’apparente à un obstacle à la justice dans le cadre de l’aboutissement de cette affaire. À cet effet, il a confié l’audition de l’homme fort de Fanmi Lavalas à une Commission rogatoire à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). Cette structure, souligne une note du juge instructeur, saisira le Bureau des affaires financières et économiques (BAFE) afin d’auditionner l’ancien prêtre dans le meilleur des délais. Au terme de cette étape, insiste ce document, elle transmettra le rapport au cabinet d’instruction criminelle.

Cette composante aura, d’un côté, pour mission d’adresser une invitation à date fixe au témoin Jean Bertrand Aristide. Laquelle date serait « immanquable suivant cette note ».

Elle identifiera et auditionnera toute autre personne qui serait impliquée dans ce cas de blanchiment des avoirs. De l’autre, elle posera tout acte qui pourra aider à conclure cette affaire. Et au final, elle produira un rapport dans un délai n’excédant pas trente jours. Il est annexé à ladite note une copie du rapport de la Commission d’enquête de l’UCREF. Ce, en vue de permettre à la DCPJ de bien conduire la mission qui lui est confiée.

Me Mario Joseph n’est pas au courant

Par contre, Me Mario Joseph, un des avocats de Jean Bertrand Aristide, dit n’être pas au courant de cette information. Joint au téléphone, le mercredi 1er février 2017, il a remis en question les moyens utilisés par la presse pour s’enquérir de ce dossier. Il a évoqué le principe de la discrétion qui devrait être prise en compte une fois qu’une affaire se trouve au cabinet d’instruction. Offusqué, Me Joseph a fait savoir qu’il devait en être touché par le truchement de son client si tel était le cas. Sans langue de bois, il a reproché aux autorités le traitement donné à un ensemble de dossiers politiques et judiciaires. À ce titre, il a fait allusion au rapport de l’UCREF indexant le nouveau président « nommé » de la République, Jovenel Moïse l‘impliquant dans une affaire de corruption présumée.

Le président du Bureau des avocats internationaux (BAI) s’est toutefois montré prudent en se gardant de s’aventurer dans cet amalgame. Pour lui, une seule condition conduirait à l’existence de ce dossier au cabinet d’instruction. Il aurait fallu la participation d’un grand magnat de la place s’érigeant en facilitateur à la justice pour auditionner des justiciables comme cela a été récemment le cas avec le nouveau chef de l’État, le 25 janvier 2017 au Parquet de Port-au-Prince.

Se voulant rassurant, Mario Joseph a fait savoir que l’ex-président lui avait donné la garantie qu’il se mettrait à la disposition de la justice. Il a toutefois informé que l’homme d’affaires, Joël Édouard « Pasha » Vorbe et l’ancien commissaire divisionnaire de la Police nationale d’Haïti (PNH), Jacques Anthony Nazaire, bras droit de l’ex-président auraient été déjà auditionnés dans le cadre de cette affaire.

 

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